
Le président sud-coréen a affirmé jeudi que la Corée du Nord était «en phase finale» du développement d’un missile balistique intercontinental capable d’emporter une ogive nucléaire et d’atteindre n’importe quel point des Etats-Unis.
Une évolution majeure de l’arsenal de Pyongyang. Lors d’une visite à la Bourse de New York, en marge de la 80e Assemblée générale des Nations unies, le président sud-coréen Lee Jae-myung a déclaré que la Corée du Nord était sur le point de finaliser le développement d’une nouvelle arme.
«Que ce soit pour obtenir un levier dans les négociations avec les Etats-Unis ou pour sécuriser son propre régime, la Corée du Nord a continué à développer des missiles balistiques intercontinentaux (ICBM) capables d’envoyer des ogives nucléaires jusqu’aux Etats-Unis», a déclaré le chef d’Etat.
Des missiles déjà capables d’atteindre les Etats-Unis
Si le projet «ne semble pas être encore abouti» a-t-il souligné, «on dit qu’il en est à la phase finale». «L’objectif devrait être de geler le développement nucléaire et celui des ICBM», apportant ainsi à la région des «gains de sécurité majeurs», a-t-il ajouté.
Le programme balistique de Pyongyang n’est pas nouveau : depuis les années 1960, le régime communiste s’efforce de développer son arsenal, avec des lanceurs de plus en plus puissants. Le dernier en date, Hwasong-19, a été testé pour la première fois le 31 octobre 2024.
Cet ICBM de dernière génération est long d’environ 28 mètres, ce qui en fait l’un des plus massifs au monde. Et sa portée d’au moins 15.000 km lui confère une autonomie suffisante pour toucher n’importe quel point des Etats-Unis.
Kim Jong-un tient à son programme nucléaire
Mais ce qui inquiète le plus le président sud-coréen, c’est que le régime de Kim Jong-un produit, selon lui, suffisamment d’uranium enrichi pour fabriquer «environ 15 à 20 bombes nucléaires supplémentaires chaque année».
Malgré tout, concevoir un missile fiable et assembler une arme atomique n’est pas suffisant : les ingénieurs nord-coréens doivent encore parvenir à miniaturiser cette dernière afin de glisser les ogives nucléaires sous la coiffe du lanceur. Une étape techniquement difficile, que Pyongyang pourrait néanmoins atteindre dans les prochaines années.
Kim Jong-un a récemment exclu toute idée de dénucléarisation et a renforcé ses liens militaires avec la Russie, permettant ainsi des échanges de connaissances avec les ingénieurs russes.
Par ailleurs, si le dirigeant nord-coréen s’est dit prêt à reprendre contact avec les Etats-Unis, c’est à la condition que ces derniers renoncent à exiger que Pyongyang abandonne son programme d’armes nucléaires, indispensable pour le régime.