
Un responsable commercial dans le domaine de la livraison de repas, licencié après que son entreprise a découvert qu’il travaillait à distance depuis l’Égypte, s’est vu octroyer 61.000 £ (69.000 €) pour licenciement abusif.
Le télétravail a parfois des avantages sur le long terme. Licencié pour avoir télétravaillé depuis l’Egypte, un manager britannique a finalement obtenu gain de cause devant la justice, recevant près de 70.000 euros de dédommagement.
Tout commence lorsqu’en 2021, Tanveer Shah perd son emploi de directeur commercial pour la société Food Hub, basée à Stoke-on-Trent (Royaume-Uni). La raison ? Un abus de télétravail, selon son employeur.
L’homme a pourtant affirmé avoir contracté le Covid-19 après des vacances en Égypte, ce qui l’a empêché de rentrer au Royaume-Uni par avion, a rapporté la BBC. «J’ai immédiatement appelé le directeur des ressources humaines de Food Hub», a-t-il déclaré devant le tribunal du travail.
«J’avais pris deux semaines de congés annuels pour aller en Égypte et j’ai dû rester plus longtemps à cause du Covid», a-t-il expliqué.
«Licenciement abusif»
De leur côté, les dirigeants de la société de livraison de repas racontent avoir d’abord remarqué que leur employé déclarait beaucoup moins de notes de frais qu’habituellement.
Après avoir exprimé des inquiétudes quant au fait que son employé ne sortait pas, le directeur général, Adrian Mula, a organisé une réunion avec lui. Au cours de celle-ci, ce dernier était «tellement en colère» lorsqu’il a compris que son collaborateur faisait du télétravail depuis l’Egypte, qu’il l’a immédiatement licencié.
Le malheureux a fait appel de cette décision et a été réintégré en amont d’une procédure disciplinaire. À l’issue de celle-ci, l’homme a été licencié, de façon officielle, pour ne pas avoir suivi une «demande raisonnable de la direction» de travailler sur «le terrain».
Néanmoins, le juge du travail David Maxwell a déclaré qu’il y avait des «lacunes fondamentales» dans l’enquête sur la conduite de l’employé en question. Ce dernier a, de son côté, accusé son ancien employeur d’avoir agi de manière sournoise en le licenciant.
Au final, le juge du tribunal a donné raison à Tanveer Shah, estimant qu’il y a eu «licenciement abusif» avec des «vices fondamentaux» dans l’enquête interne. L’employé s’est vu accorder une indemnité de 61.419 £, soit près de 70.000 €.