VIDEO. Pourquoi Donald Trump en veut-il au paracétamol ?

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By InfoHunter



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Comme à son habitude, le président américain a pris tout le monde de cours en s’improvisant… médecin. L’ordonnance du docteur Trump est simple : les femmes enceintes devraient éviter le paracétamol car il causerait l’autisme chez l’enfant. D’où vient cette certitude et que dit la science ? Réponse de « L’Œil du 20 Heures ».

Alors qu’on comptait un enfant autiste sur 150 il y a 25 ans aux Etats-Unis, ce chiffre est aujourd’hui d’un sur 31. L’administration Trump y voit une épidémie, et le coupable est tout trouvé : le Tylenol, l’équivalent américain du Doliprane. « Le Tylenol est mauvais ! », a martelé le président américain, lundi 22 septembre.

Mais alors, d’où tient-il cette information ? Vous allez voir que sa source n’est pas des plus solides. « Il y a une rumeur – je ne sais pas si elle est vraie ou pas – qui dit qu’à Cuba ils n’ont pas de Tylenol car ils n’en ont pas les moyens. Eh bien, ils n’ont presque aucun cas d’autisme !« , a avancé Donald Trump.

Pas d’autisme à Cuba car on y trouverait peu de paracétamol ? C’est totalement faux selon Jonathan Martinez, qui dirige une association française de patients autistes, AFG Autisme, et s’est justement rendu sur l’île l’an dernier. « La prévalence y est la même qu’en France ou dans d’autres pays. C’est 1% de la population, les études scientifiques sont catégoriques là-dessus. Pour le coup, à Cuba, ils ont une école spécialisée pour les autistes dans chaque province ».

Les affirmations de Donald Trump s’appuient aussi sur une étude publiée cet été par un grand hôpital américain. Elle pointe un lien entre prise de paracétamol pendant la grossesse et trouble du développement de l’enfant, mais sans fournir de preuves formelles. Une publication contestée par d’autres scientifiques.

Après les propos de Donald Trump, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est fendue d’une mise au point. « Il n’y a pas de lien avéré entre le paracétamol et l’autisme contrairement à ce que suggère l’administration Trump« , a déclaré l’OMS.

En France, les médecins s’inquiètent d’un effet contre-productif de l’alerte de Washington sur la santé des femmes. Selon Olivier Morel, professeur de gynécologie obstétrique au CHRU de Nancy (Meurthe-et-Moselle), « commencer à dire aux femmes ‘ne prenez pas de paracétamol’, c’est prendre le risque qu’elles se dirigent vers une autre molécule qui, elle, est dangereuse pour la santé, là où on a la preuve que le paracétamol ne présente pas de danger« .

Une chose est sûre : après les déclarations de Donald Trump sur l’autisme, l’action du fabricant du médicament s’est effondrée en Bourse mardi. Mais face à l’absence de preuves scientifiques, elle a rebondi dès mercredi. 





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