ces précédentes affaires qui ont marqué l’histoire judiciaire

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By InfoHunter



Cinq ans après la disparition de sa compagne, Cédric Jubillar comparaît dans le Tarn. Le peintre-plaquiste est accusé d’avoir tué Delphine Jubillar, mais pour l’instant, aucune preuve tangible n’est présente au dossier. Des procès sans corps, ni aveux, la France en a connu plusieurs.

Pendant quatre semaines, une soixantaine de témoins et une dizaine d’experts seront appelés à la barre du tribunal judiciaire d’Albi, dans le Tarn. Tous tenteront de faire la lumière sur l’affaire Delphine Jubillar, disparue dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020. Son conjoint, Cédric Jubillar, unique accusé, n’a jamais avoué être à l’origine de la disparition de son épouse, dont le corps n’a jamais été retrouvé. Sans ces éléments clés, c’est un procès hors normes qui s’est ouvert ce lundi 22 septembre.

Néanmoins, en France, d’autres procès sans corps, ni aveux se sont déjà tenus.

Maurice Agnelet et l’affaire Agnès Le Roux

L’affaire Agnès Le Roux a fait couler l’encre pendant près de quatre décennies. Dans les faits, Agnès Le Roux, une jeune femme de 29 ans, héritière du palais de la Méditerranée (un complexe hôtelier et un casino de luxe de Nice), a disparu le 27 octobre 1977. Au départ, c’est la thèse du suicide qui a été privilégiée. Pour cause, une lettre non datée avait été découverte dans l’appartement d’Agnès Le Roux mais son corps, lui, n’a jamais été retrouvé.

Sa disparition a ensuite été requalifiée en assassinat par «la mafia des casinos», avant que l’amant d’Agnès Le Roux ne soit à son tour accusé. Maurice Agnelet, ex-avocat, entretenait en effet une relation avec la disparue. En septembre 1978, il a été placé en garde à vue, après avoir transféré l’argent d’Agnès Le Roux sur son propre compte.

Il faudra attendre 11 avril 2014, soit 37 ans après les faits, pour que Maurice Agnelet ne soit condamné pour l’assassinat d’Agnès Le Roux, par la cour d’assises de Rennes. Le fils de ce dernier avait apporté un témoignage crucial dans l’affaire, affirmant : «J’ai un cas de conscience (…) je suis convaincu que mon père est le meurtrier [d’Agnès Le Roux]».

Nicolas Zepeda et l’affaire Narumi Kurosaki

Ce procès a eu une résonance internationale. En décembre 2016 à Besançon, Narumi Kurosaki, une étudiante japonaise arrivée en France la même année pour suivre des cours au sein du Centre de linguistique appliquée, disparaît. 

Pendant plusieurs jours, alors que la jeune femme de 21 ans reste introuvable, sa famille et ses amis ont reçu des messages provenant de son numéro, mentionnant un problème avec son passeport. 
Les enquêteurs ont rapidement orienté leurs recherches vers le Chilien Nicolas Zepeda, l’ancien petit-ami de la Japonaise, avec qui il avait dîné la veille de sa disparition.

À l’issue d’un procès en appel, organisé sur près de trois semaines en trois langues (les témoins étant entendus depuis le Japon, le Chili et le Royaume-Uni), Nicolas Zepeda a été condamné en 2023 à 28 ans de réclusion. Il nie toujours toute implication. 

Le verdict a néanmoins été annulé en début d’année, le 26 février. Nicolas Zepeda sera donc jugé une troisième fois.

Jacques Viguier et l’affaire Suzanne Viguier

Suzanne Viguier, une professeure de danse de 38 ans, a pour la dernière fois été vue vivante le 27 février 2000, par son amant, Olivier Durandet. Ce dernier l’a raccompagnée alors à son domicile conjugal, dans la banlieue de Toulouse, à l’aube.  

Face à cette relation extra-conjugale, le mari de Suzanne Viguier, Jacques Viguier, a rapidement été soupçonné par les enquêteurs. Il affirmera néanmoins avoir appris la nature de la relation entre sa femme et Olivier Durandet au moment de sa garde à vue, et n’avoir aucun lien avec la disparition de sa femme.

Jacques Viguier, alors professeur de droit à l’université Toulouse-I-Capitole, a été jugé pour meurtre en 2009. Il a été, à l’issue du procès, acquitté. Cette décision a ensuite été confirmée, en appel, en 2010.

Patrick Chabert et l’affaire Nadine Chabert

Nadine Chabert était en instance de divorce lorsqu’elle a disparu, le 10 juin 2003, à Fos-sur-Mers, près de Marseille. À cette date devait avoir lieu son audience de conciliation, à laquelle elle ne s’est jamais présentée. 

Rapidement, les soupçons s’étaient tournés vers son époux, Patrick Chabert : Nadine Chabert avait prévenu la société de réinsertion à Istres, où elle travaillait, qu’en cas d’absence, il faudrait avertir la police et chercher du côté de son mari. Interrogé, ce dernier a toujours soutenu la thèse d’un départ volontaire, motivée par une secte.  

Une histoire qui n’a pas convaincu les enquêteurs. Pour ces derniers, Patrick Chabert aurait étranglé sa femme avant de se débarrasser de son corps dans le Var. Sa dépouille reste introuvable.

Condamné en septembre 2010 à 20 ans de réclusion criminelle, Patrick Chabert a été acquitté le 20 décembre 2011 en appel.

Joël Bourgeon et l’affaire Martine Escadeillas

La disparition de Martine Escadeillas, vue pour la dernière fois à Ramonville-Saint-Agne, près de Toulouse en décembre 1986, a longtemps été une affaire classée sans suite. L’enquête avait seulement conclu à une agression de la jeune secrétaire, âgée de 24 ans au moment des faits, dans la cave de son appartement. 

Il a fallu attendre 2016 pour qu’une amie de Martine Escadeillas ne désigne un suspect : Joël Bourgeon. L’homme était un ami de Martine et de son compagnon, Thierry. Interrogé en 2019, soit 33 ans après les faits, Joël Bourgeon a au départ livré des aveux complets, avant de se rétracter quelques jours plus tard.

Joël Bourgeon a été reconnu coupable de meurtre et condamné à 20 années de réclusion criminelle, en juillet 2022. Après avoir fait appel à sa condamnation, Joël Bourgeon s’est suicidé dans sa cellule l’année dernière, en janvier 2024. 



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