
Le chef du gouvernement canadien, Mark Carney, a déclaré ce lundi ne se faire «aucune illusion» sur l’impact concret qu’aura la reconnaissance de l’Etat de Palestine, mais a jugé «nécessaire» de contrer un gouvernement israélien opposé à son existence.
Une décision appuyée par le Canada. Ce lundi, Emmanuel Macron a, après le Portugal, l’Espagne ou encore le Canada dimanche dernier, reconnu officiellement l’Etat de Palestine au nom de la France.
En marge de l’Assemblée générale des Nations unies, le premier ministre canadien Mark Carney a précisé la raison pour laquelle il avait, lui aussi, fait ce choix, tout en concédant qu’il ne changerait pas forcément la situation sur place.
Une reconnaissance aux effets limités
«Nous faisons ce que nous pouvons, tout en reconnaissant les limites», a-t-il affirmé lors d’un forum organisé par un centre de réflexion américain à New York, ajoutant que le Canada souhaitait voir l’émergence d’un «Etat palestinien sioniste» soutenant le droit d’Israël à exister.
Malgré tout, «nous ne nous faisons aucune illusion : cela n’est pas une panacée», a regretté Mark Carney, se disant conscient que l’annonce de la reconnaissance aura un effet limité, surtout face à l’opposition franche d’Israël et des Etats-Unis.
Le Premier ministre canadien l’a toutefois estimée «nécessaire» puisque la capacité «d’autodétermination du peuple palestinien est en train d’être effacée». «Alors que la politique déclarée du gouvernement israélien est qu’il n’y aura jamais d’Etat palestinien, […] ce que nous essayons d’accomplir, c’est de garder [la question de l’Etat palestinien] sur le devant de la scène», a-t-il expliqué.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, qui s’exprimera à la tribune de l’ONU vendredi prochain, a affirmé que son gouvernement allait étendre la colonisation juive en Cisjordanie occupée, en réaction aux reconnaissances d’un Etat palestinien.
Le président américain Donald Trump estime que cette reconnaissance était une «récompense» pour le Hamas, a indiqué sa porte-parole lundi.