deux ans après le drame, la justice réalise une reconstitution numérique de la scène de crime

Photo of author

By InfoHunter



Deux ans après la mort de Thomas, tué à Crépol dans la Drôme, la justice réalise à partir de ce lundi 22 septembre une reconstitution du meurtre dans un décor numérique, afin de tenter d’identifier l’auteur des coups de couteau, qui reste encore inconnu à ce stade.

Une étape très importante dans l’enquête. À partir de ce lundi, la justice va réaliser une reconstitution, dans un décor numérique, du meurtre de Thomas, 16 ans, lors d’un bal de village à Crépol (Drôme) en novembre 2023. Le but étant d’identifier l’auteur des coups de couteau mortels.

Dans ce dossier, ce sont quatorze jeunes hommes, dont des mineurs, qui sont mis en examen. Ils sont tous convoqués ce lundi matin au palais de justice de Valence pour cette étape importante de l’enquête, prévue sur deux semaines.

Une reconstitution très attendue

Neuf d’entre eux, placés en détention provisoire, seront extraits de prison pour y assister, selon les éléments recueillis auprès de sources judiciaires. «On attend de cette reconstitution qu’elle permette de préciser» ce qu’il s’est passé et «individualiser le rôle de chacun des mis en cause», a commenté Me Romaric Chateau, avocat de trois suspects.

Les quatorze jeunes sont tous poursuivis à ce stade pour «homicide volontaire et tentative d’homicides volontaires en bande organisée». Les soupçons se concentrent sur deux ou trois d’entre eux, sans qu’aucun ne soit passé aux aveux.

La famille de Thomas espère la vérité

Durant cette reconstitution, la cinquantaine de parties civiles et leurs avocats ont également été invités. Me Alexandre Farelly, qui représente la famille de Thomas, espère que la reconstitution «sera utile à la manifestation de la vérité» et pas «un temps de mensonges et contre-vérités de la part des mis en examen».

«Nous craignons que ce temps soit déjà très éprouvant pour les victimes, pour leurs proches, semblablement au procès qui les attend», a-t-il confié, ajoutant rester «fidèles à l’état d’esprit qui est le nôtre depuis le départ : confiance dans le travail d’enquête et celui des juges d’instruction».

Pour rappel, le 19 novembre 2023, le «bal de l’hiver» de Crépol a dégénéré avec des affrontements entre des jeunes venus pour la plupart des quartiers populaires de Romans-sur-Isère et un groupe de locaux.

Dans un contexte confus, les premiers ont sorti des couteaux et blessé grièvement quatre personnes, dont Thomas, un lycéen de 16 ans amateur de rugby, qui est mort dans l’ambulance. Pour tenter de mieux comprendre le déroulement de cette soirée, les magistrats ont opté pour une reconstitution sous forme digitale, et non sur place, dans un village qui reste traumatisé par ce drame.

Les nouvelles technologies au service de la vérité

Les nouvelles technologies vont permettre de recréer et visualiser en 3D une scène de crime sur la base de constatations ou de témoignages.

Pour le dossier de Crépol, un expert judiciaire en support numérique s’est préalablement rendu dans le village et a numérisé la scène de crime, ainsi que l’emplacement de tout élément relevé pendant l’enquête jugé utile pour la reconstitution.

Les déclarations et les témoignages recueillis au cours des prochains jours seront intégrés à ce canevas numérique. Le choix de recourir à une forme numérique n’est pas nouveau. A Valence déjà, lors du procès de Gabriel Fortin, dit «le tueur de DRH», la vidéo de la reconstitution de l’une des trois scènes de crime avait été diffusée pour aider à la compréhension des faits.

«Nous serons particulièrement vigilants à ce que la reconstitution respecte le droit de la défense et le principe de la loyauté de la preuve», a déclaré Maître Elise Rey-Jacquot, avocate de la défense.

Le dossier a fait l’objet de multiples fuites et interprétations, notamment dans la sphère politique, qui avait dénoncé l’insécurité croissante en France.



Source link

Laisser un commentaire