
Après plusieurs incursions russes en territoires estonien et polonais, l’Estonie a demandédé l’organisation de réunions d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’OTAN, prévues dès le début de la semaine.
La menace russe plus que jamais présente ? Après l’incursion de trois avions de chasse russes dans l’espace aérien estonien vendredi 19 septembre, le pays a demandé, pour la première fois en 34 ans d’adhésion à l’ONU, une réunion d’urgence du Conseil de sécurité. L’annonce a été faite ce dimanche par le ministre des Affaires étrangères estonien. La réunion se tiendra dès demain.
«Le 22 septembre, le Conseil de sécurité des Nations Unies tiendra une réunion d’urgence en réponse à la violation flagrante de l’espace aérien estonien par la Russie vendredi dernier», précisait un communiqué publié ce dimanche par la diplomatie estonienne.
Pour rappel, le 19 septembre, trois MiG-31 russes ont pénétré sans autorisation dans l’espace aérien estonien, au-dessus du golfe de Finlande pendant 12 minutes. L’alerte a été donnée par l’Estonie et l’OTAN.
Rapidement, l’Italie, chargée de la surveillance aérienne du ciel balte, ainsi que la Suède et la Finlande, ont fait décoller leurs avions pour tenter d’intercepter les appareils russes, sans succès.
Pour le chef de la diplomatie estonienne Margus Tsahkna, cette violation de l’espace aérien estonien «s’inscrit dans un schéma comportemental plus large de la Russie, visant à tester la détermination de l’Europe et de l’OTAN».
L’OTAN annonce à son tour une réunion d’urgence
Une analyse qui semble confirmée par les récents incidents : le mercredi 10 septembre, une vingtaine de drones russes ont pénétré l’espace aérien polonais. Quelques jours plus tard, le 13 septembre, un drone de combat russe a franchi la frontière russo-roumaine et est resté une heure dans l’espace aérien roumain.
Selon Margus Tsahkna, ce comportement exige une réponse internationale : «La conduite de la Russie est incompatible avec les responsabilités d’un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU», a-t-il déclaré.
Parallèlement, le Premier ministre estonien a annoncé que le gouvernement demanderait à l’OTAN d’activer l’article 4 du traité de l’Atlantique, qui prévoit des consultations entre alliés en cas de menace contre l’un des membres.
Si l’OTAN n’a pas encore annoncé sa décision, l’organisation a toutefois confirmé qu’elle tiendrait une réunion mardi 23 septembre pour déterminer le comportement à adopter et les mesures à prendre face aux incursions russes dans les pays membres de l’Alliance.