Publié
Temps de lecture : 3min – vidéo : 4min
4min
L’argent et le pouvoir d’achat préoccupent beaucoup les Français. Reportage à Provins, en Seine-et-Marne.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour le regarder en intégralité.
Provins est une commune de Seine-et-Marne, qui compte près de 12 000 habitants. La grande préoccupation des Français est le pouvoir d’achat. Une famille rencontrée par France Télévisions est à l’euro près quand elle fait ses courses. Alors la Journée du patrimoine est une aubaine. « C’est l’occasion, c’est un week-end en famille, donc on vient. Et c’est gratuit », se réjouit la mère de famille, qui se définit comme « classe moyenne, mais sur le premier échelon. Juste avant de franchir la limite de… on n’y arrive plus ».
Lui, Guillaume Saudry, est agent territorial. Il gagne 1 900 euros net par mois pour faire vivre sa famille. Bien sûr, ils perçoivent des aides, mais les loisirs sont un luxe. « Avant, c’était une fois à chaque vacance scolaire, le cinéma. Et maintenant, c’est vraiment quand il y a un film qu’on attend avec beaucoup d’impatience », poursuit la femme. Impossible pour eux d’acheter une maison. Les banques leur refusent un prêt, mais ils ne se laissent pas abattre. « Je suis fonctionnaire, du coup j’essaie de voir les concours qui peuvent me faire augmenter un peu mon salaire« , explique Guillaume Saudry.
Chantal Zajac, 66 ans, est ouvrière à la retraite et joueuse de pétanque. Elle se prive beaucoup. « Comme les fruits, en ce moment, j’achète plus de fruits. Elle a droit à 1 700 euros de retraite avec la pension de réversion de son mari, décédé. Mais elle paye un loyer de 600 euros, et beaucoup de charges. « Normalement, je peux [il me reste] à peu près 300, 400, ça dépend », dit-elle, pour les loisirs, l’essence et les courses. Alors les extras, c’est seulement quand ses petits-enfants sont là.
« Je leur prends des yaourts, mais moi, personnellement, je ne vais pas m’en manger tout le temps. Je peux me priver de ça, moi. Parce que s’il y a un petit problème, parce que comme là, j’ai été opérée et tout ça, il faut payer l’hôpital. On avance l’argent… Je serai remboursée, mais il faut les avancer », poursuit la veuve.
Le cordonnier de Provins, Fouad Andaloussi, s’est mis à son compte il y a quelques années : 10 heures par jour de travail pour se dégager tout juste le SMIC en salaire. « Depuis que je me suis mis à mon compte, pour aller aux vacances, il faut bien calculer », dit-il, assurant regretter. « Parce que ce n’est pas pareil. Quand on est salarié, on est tranquille. On travaille, on a gagné notre mois et c’est bon« , argue-t-il.
Un père de famille est cadre à la SNCF, son épouse est institutrice. Mais leurs deux enfants étudiants, l’une en médecine à Paris, l’autre en droit à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), leur coûtent cher. « C’est un peu plus de 1 000 euros pour chacun, loyer et nourriture compris. C’est le salaire de ma femme enseignante, en fait. On se pose des questions avec ma femme, sur comment font les familles qui n’ont pas nos salaires, et qui ont des enfants avec peut-être des capacités peut-être meilleures que celles de nos enfants », s’interroge Philippe Betis.
L’homme considère qu’il est correctement payé. Il a pourtant dû réduire le train de vie de sa famille pour financer les études de ses enfants.