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Entre audace et poésie, les toits de Paris révèlent un panorama unique. Photographe ou couvreur, chacun y joue sa partition : prises de vue inédites, savoir-faire ancestral. Des hauteurs de la capitale aux rooftops branchés, histoire et modernité se rencontrent au sommet.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité
L’accès n’est pas des plus évidents, mais la vue est à couper le souffle. Alors, Paul et Ludovic prennent des risques, même si ces photographes funambules assurent être très vigilants. Chaque semaine, ils s’évadent sous le ciel de Paris. « Monter sur les toits de Paris, ça donne vraiment un sentiment de liberté parce qu’on a l’impression d’être un peu comme un chat ou un oiseau qui se balade au-dessus de tout le monde. Quand on regarde comme ça au loin, on voit une sorte d’océan gris de toits. » confie Paul.
La couleur et les formes emblématiques de la capitale se dévoilent à 20 mètres du sol. Pour un cliché unique, il faut parfois oser prendre son envol. « Parfois, on arrive sur un toit, peut-être qu’aucun photographe n’est passé là avant et donc on va pouvoir faire des photos qui n’ont jamais été vues, des choses un peu inédites. » ajoute le jeune photographe. Grâce à sa notoriété acquise sur les réseaux sociaux, la passion de Paul Second est devenue son métier.
Les toits de Paris sont une source d’inspiration pour les photographes, mais aussi pour les musiciens et les cinéastes : des cascades de Belmondo aux rêveries d’Amélie Poulain, du rendez-vous romantique des Aristochats à la balade de Ratatouille, sans oublier l’un des plus beaux décors de la cérémonie des Jeux Olympiques de l’an dernier.
Ce trésor architectural se perpétue grâce aux couvreurs zingueurs, dont le savoir-faire est inscrit au patrimoine de l’UNESCO. Sur le toit d’un immeuble haussmannien, Pascal Leroi change la couverture d’une courrette avec deux jeunes compagnons. Pour le chef de chantier rénové, c’est aussi plonger dans le passé : « Moi, j’adore découvrir, regarder ce que les anciens ont fait. Alors, ils mettaient du papier journal pour isoler entre le plâtre et le zinc. » détaille Pascal Leroi.
Une tradition qui permet aussi de laisser une trace aux successeurs. Ce jour-là, un journal en bon état datant de 1973 a été retrouvé sous les toits.
Résistant, le zinc habite Paris depuis le 19ᵉ siècle. Léger et bon marché à l’époque, il se travaille toujours avec des outils spécifiques, dont la fameuse plieuse parisienne, qui permet de façonner les feuilles de zinc. Rien que sur ce chantier, les couvreurs auront fabriqué 800 pièces uniques. « Alors, les architectes, ils nous ont étudiés, étudiés. Il n’y a pas un toit pareil. C’est du sur-mesure. C’est comme un costard. Si vous dites que ce n’est pas beau, moi, ça me… Bon, entre la mer, la montagne et les toits de Paris, bah, je suis resté à Paris. » souligne Pascal Leroi.
Un cadre très attractif qui s’est peu à peu ouvert au public et au business. Rendez-vous au « Perchoir », le premier rooftop ouvert en 2013 : « On a voulu vraiment ce lieu comme un lieu de vacances où il y a du bois, de la végétation, de grandes banquettes. On se met à 10, 15, 20, 30. Et il y a le petit dance floor sur les toits de Paris qui est sympa, où vous dansez face à Montmartre. » explique Adrien Boissaye, cofondateur du « Perchoir ».
L’adresse est devenue une référence prisée des Parisiens comme des touristes. « On est ici pour fêter notre pacs et on voulait un lieu un peu spécial pour profiter, pour prendre de belles photos. » raconte un client du bar.
En prenant de la hauteur, les prix grimpent un peu aussi : ici, il faut compter 20 euros pour deux pintes. Un petit prix pour admirer l’un des plus beaux emblèmes du patrimoine parisien.