Le document approuvé après d’âpres négociations entre les ministres de l’environnement n’est qu’une simple « déclaration d’intention » et pas un engagement ferme
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Pour ne pas arriver les mains vides à l’Assemblée générale de l’ONU la semaine prochaine, et à la COP30 au Brésil en novembre, les pays européens ont approuvé, jeudi 18 septembre, un compromis a minima sur la réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035. A défaut de trancher, les Vingt-Sept ont validé à Bruxelles une fourchette de baisse de leurs émissions, comprise entre -66,25% et -72,5% par rapport à 1990, et qui sera affinée s’ils trouvent un accord dans les semaines ou les mois qui viennent.
Le Danemark, qui occupe la présidence tournante de l’Union européenne, a mis ce compromis sur la table pour montrer que l’Europe n’a pas renoncé à son « leadership » environnemental, malgré les divergences entre les Etats. Mais le document approuvé après d’âpres négociations entre les ministres de l’environnement n’est qu’une simple « déclaration d’intention » et pas un engagement ferme. C’est une « non décision », critique l’eurodéputé centriste Pascal Canfin.
C’est « loin d’être idéal », mais « c’est la meilleure option » à ce stade, tempère Elisa Giannelli, du think tank E3G. Cela « permet à l’Union européenne de sauver la face au niveau international ». Le blocage persiste sur la proposition de la Commission européenne de réduire de 90% les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990. Le Danemark, la Suède et l’Espagne poussent pour, mais des pays comme la Hongrie et la République tchèque sont contre au nom de la défense de leur industrie, et la France reste prudente.
« Alors que cet été, les vagues de chaleur ont causé une surmortalité de 70% dans les villes européennes et coûté 10 milliards d’euros à la France, l’Europe n’est pas au rendez-vous de l’ambition climatique », a regretté dans un communiqué le réseau action climat. « L’énième report de l’adoption de la cible climat européenne pour 2040 et l’introduction d’une fourchette basse pour définir la Contribution nationale déterminée de 2035 envoient un signal d’incertitude quant à sa décarbonation », estime l’organisation.