
Damas et Washington travaillent ensemble à l’élaboration d’un «accord de sécurité» avec Israël. Il est question de pacifier le sud de la Syrie, frappé par des violences en juillet.
Après des violences intercommunautaires meurtrières dans la région à majorité druze de Soueida, un plan visant à pacifier le sud de la Syrie est en chantier. Dans ce cadre, le pays a déclaré ce mardi travailler avec les Etats-Unis à l’élaboration d’un «accord de sécurité» avec Israël.
Soutenu par la Jordanie, ce dernier doit répondre «aux préoccupations légitimes de la Syrie et d’Israël en matière de sécurité tout en soulignant la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Syrie», a écrit dans un communiqué le ministre des Affaires étrangères syrien, Asaad al-Shaibani, après une conférence de presse à Damas en compagnie de son homologue jordanien, Ayman Safadi, et de l’envoyé spécial américain pour la Syrie, Tom Barrack.
L’Etat hébreu réclame la démilitarisation du sud du pays, frontalier de son territoire. Ce mardi, un responsable militaire syrien a annoncé que les forces gouvernementales avaient retiré leurs armes lourdes de cette partie de la Syrie, lors d’une opération qui a commencé «il y a deux mois». Cela concernerait une zone allant de la frontière sud, avec Israël et la Jordanie, jusqu’à «dix kilomètres au sud de Damas».
Plus de 2.000 morts en juillet
Depuis la chute de Bachar al-Assad en décembre 2024, Israël a mené des centaines de frappes contre des positions militaires en Syrie et des incursions dans le sud du pays, affirmant vouloir empêcher que l’arsenal du pouvoir ne tombe aux mains des nouvelles autorités islamistes.
Durant les violences de juillet, l’Etat hébreu, techniquement en guerre avec la Syrie depuis des décennies, était intervenu militairement en affirmant agir pour protéger la communauté druze. Les combats avaient opposé combattants druzes et bédouins sunnites, mais s’étaient étendus avec l’intervention des forces gouvernementales et de tribus venues d’autres régions.
Damas affirme que ses troupes avaient pour mission de mettre fin aux violences. Mais des témoins, des factions druzes et l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), les ont accusées d’avoir pris parti pour les bédouins et commis des exactions contre les druzes. Les violences ont fait plus de 2.000 morts, dont 789 civils druzes «exécutés» par des membres des ministères de la Défense et de l’Intérieur, selon l’OSDH.
Des discussions vendredi à Bakou
Depuis un cessez-le-feu qui a mis un terme à une semaine d’affrontements en juillet, la province de Soueida est restée instable, la ville de Soueida étant aux mains des combattants druzes et ses alentours contrôlés par les forces gouvernementales.
C’est dans ce contexte que des représentants de Syrie et d’Israël se sont déjà rencontrés afin d’entamer les négociations pour parvenir à un accord de sécurité. Le président syrien par intérim, Ahmad al-Chareh, a indiqué qu’une nouvelle session de discussions est prévue vendredi à Bakou.
Pour l’heure, la feuille de route annoncée ce mardi par le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, prévoit plusieurs étapes dont «la poursuite des responsables d’attaques contre des civils» en coordination avec l’ONU, «l’indemnisation des victimes» et «le lancement d’un processus de réconciliation interne».
Sachant que l’OSDH a recensé 516 druzes enlevés depuis le début des violences le 14 juillet, ce plan prévoit aussi «l’éclaircissement du sort des disparus et la libération des otages». Son application devra être supervisée par un «mécanisme conjoint syro-jordanien-américain».