Bordeaux accueille le meeting de rentrée de Jordan Bardella et Marine Le Pen ce dimanche

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By InfoHunter



Réunis à Bordeaux pour la rentrée politique du RN ce dimanche 14 septembre, Marine Le Pen et Jordan Bardella vont devoir, après la nomination de Sébastien Lecornu à Matignon, revoir leur stratégie pour continuer à peser dans le jeu politique français.

Le sabordage du gouvernement de François Bayrou lundi 8 septembre dernier a rebattu les priorités du RN. Les dirigeants du parti se préparent à faire face aux 7.000 militants attendus ce dimanche à Bordeaux (Gironde), après deux jours d’«Estivales» sur les bords de la Garonne. Un séjour à l’origine organisé pour se consacrer aux élections municipales de 2026 et la bataille budgétaire à venir. Mais le vent a tourné.

La dissolution de l’Assemblée nationale, qui n’était, avant l’été, qu’une «possibilité» pour Marine Le Pen, est désormais devenue une injonction adressée à Emmanuel Macron. «Ce n’est pas une option, mais une obligation», martelait la présidente des députés du RN au pupitre de l’Hémicycle, quelques minutes avant la chute du Premier ministre démissionnaire François Bayrou. 

Le parti réclame même la «dissolution ou démission» d’Emmanuel Macron, par voie de pétition comme par la voix de ses porte-paroles. Une méthode de communication qui fait ses preuves. En effet, selon une enquête de Toluna Harris Interactive pour Challenges publiée dimanche 7 septembre, en cas de départ de François Bayrou, 49% des Français souhaiteraient qu’Emmanuel Macron renonce à son mandat présidentiel et parmi eux figurent essentiellement les partisans de LFI (67% pour) et du Rassemblement national (70% pour).

Une coalition est-elle possible ?

Mais l’Élysée en a décidé autrement et les dirigeants du RN sont convenus de rencontrer le nouveau Premier ministre, Sébastien Lecornu. En effet, dans le communiqué de nomination, le chef de l’État chargeait le chef du gouvernement de «consulter» les partis du Parlement, en vue de «bâtir les accords indispensables aux décisions des prochains moins».

«Nous avons toujours répondu aux invitations républicaines», avait réagi Marine Le Pen, précisant tout de même ses conditions pour travailler avec la coalition présidentielle formée par Ensemble pour la République, Les Démocrates et Horizons. La cheffe de file du RN sera intransigeante en cas de proposition de la hausse des impôts sur les retraités, du doublement des franchises médicales ou encore de la suppression de deux jours fériés. «Ce sera non pour nous», a-t-elle assuré. Avec le président du parti, Jordan Bardella, elle a réclamé des économies sur leurs totems tels que l’immigration, l’Europe ou encore le «train de vie de l’État» et ils ont posé leurs conditions. «C’est la rupture ou la censure», ont martelé les deux têtes du RN à l’attention du Premier ministre Sébastien Lecornu, sommé de renoncer au «macronisme».

Dissolution ? Destitution ?

Lors de la passation de pouvoir mercredi 10 septembre, alors que «près de 200.000» Français participaient à la grève «Bloquons tout», le nouveau chef du gouvernement promettait «des ruptures, et pas que sur la forme, pas que dans la méthode», mais «aussi sur le fond». Cependant, entend-il négocier avec l’extrême-droite ? Au sommet de l’État, le RN est considéré comme l’instigateur d’une «crise de régime» et, comme La France insoumise, se range du côté du «dégagisme», selon un député macroniste à l’AFP.

Très vite, Jordan Bardella et Marine Le Pen devront pourtant trancher. Vont-ils laisser sa chance au Premier ministre s’il demande, comme son prédécesseur, la confiance de l’Assemblée nationale ? Ou si les députés insoumis déposent, comme l’a annoncé le coordinateur du parti Manuel Bompard mercredi 10 septembre, une motion de censure pour le faire chuter d’entrée ?

Le parti doit «attendre que les autres se décident pour mettre un coup de patte», a confié un cadre mariniste à l’AFP. «Il faut que les socialistes censurent pour que ça marche», a-t-il assuré. Le RN n’a pas toutes les cartes en main.



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