Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 2min – vidéo : 2min
2min
La chasse au sucre alimente des dérives en tout genre. C’est le cas du détournement des capteurs glycémiques pour les diabétiques. Il sert à calculer le taux de sucre dans le sang.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Petit, discret, réservé aux diabétiques, son usage est depuis quelques années détourné. Des sportifs s’équipent de capteurs de glycémie pour mesurer leur taux de sucre dans le sang et savoir à la minute près quand s’alimenter en plein effort. Quand un objet médical devient un accessoire grand public.
Anaïs Josuan est coach sportive à Cavaillon (Vaucluse). Non diabétique, en parfaite santé, elle a pourtant installé sur son bras cet été un capteur de glycémie. Plusieurs fois par jour, elle a ainsi contrôlé sur son portable l’évolution de son taux de glucose. Des dizaines de données collectées par simple curiosité. « Pour une fois, on peut voir ce qui se passe à l’intérieur du corps sans avoir à passer par des prises de sang. Comme je ne suis pas diabétique, je n’ai pas d’ordonnance, donc ce n’est pas remboursé. C’est en vente libre, en pharmacie, ça coûte une quarantaine d’euros », indique Anaïs Josuan.
Peu importe le prix, sur les réseaux sociaux, les capteurs de glycémie sont devenus tendance. Ils sont mis en valeur par des amateurs, des sportifs de haut niveau et même des stars américaines aux millions d’abonnés, comme Gwyneth Paltrow.
Une mode qui a même parfois provoqué des pénuries en pharmacie, empêchant les diabétiques, comme Élodie, de s’en procurer. « J’ai été confrontée à cette situation de devoir me rendre dans plusieurs pharmacies et d’avoir vraiment des difficultés à trouver des capteurs. En fait, ça dessert les diabétiques parce que je trouve que ça banalise la maladie de dire : ‘Tiens, je porte mon capteur, c’est tendance.’ presque, alors que non, ce n’est pas tendance de porter un capteur de glycémie, c’est vital », regrette-t-elle.
Pourquoi ces patchs ont-ils un tel succès ? Sont-ils vraiment utiles pour les sportifs amateurs non diabétiques ? Un médecin du sport est sceptique. « Il n’y a aucune étude qui montre que cela améliore la performance, d’autant plus que ce n’est pas facile à lire. Je le déconseille et il faut plutôt suivre les recommandations sur l’alimentation quand on fait de l’ultra endurance et aller demander conseil à un nutritionniste », recomande le Dr Martin Ducret, médecin du sport. Plus de quatre millions de Français sont diabétiques, 400 000 d’entre eux utilisent quotidiennement des capteurs de glycémie.