
Dans un communiqué, le ministère tunisien des Affaires étrangères a dénoncé le «meurtre injustifié» d’Abdelkader D., l’assaillant ayant attaqué au couteau 5 personnes ce mardi 2 septembre à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône.
La Tunisie, pays dont est originaire Abdelkader D., a réagi à l’attaque au couteau s’étant déroulée mardi 2 septembre à Marseille, dans les Bouches-du-Rhône, dénonçant ce qu’elle appelle un «meurtre injustifié» de l’assaillant, abattu par la police.
«Suite à l’assassinat du citoyen tunisien Abdelkader Dhibi, le 2 septembre 2025, dans la ville de Marseille, et sur instructions de Son Excellence Monsieur le Président de la République, M. le Secrétaire d’État auprès du Ministre des Affaires Étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, a convoqué, l’après-midi du 3 septembre 2025, le Chargé d’Affaires ad interim de l’Ambassade de France en Tunisie, en l’absence de l’Ambassadrice de la République Française actuellement hors du pays, afin de lui exprimer une protestation très ferme concernant l’homicide commis par des membres de la police française», a écrit le ministère tunisien des Affaires étrangères dans son communiqué.
«M. le Secrétaire d’État a demandé au Chargé d’Affaires français ad interim de transmettre aux autorités de son pays que la Tunisie considère cet incident comme un meurtre injustifié, et attend de la partie française toute la rigueur et la célérité nécessaires dans l’enquête ainsi que dans la détermination des responsabilités. La Tunisie envisage également d’entreprendre toutes les démarches afin de préserver les droits du défunt et de sa famille et de leur rendre justice», a-t-il ajouté.
En parallèle, le président tunisien Kaïs Saied «a donné ses instructions à l’Ambassadeur de Tunisie à Paris de transmettre la même position tunisienne aux autorités françaises et de prendre les mesures nécessaires, en coordination avec notre Consulat Général à Marseille, pour accélérer le rapatriement de la dépouille du défunt vers la Tunisie dans les plus brefs délais».
«La Tunisie réaffirme son engagement total et son attachement constant à la protection des intérêts de tous les Tunisiens et à leur défense partout où ils se trouvent à l’étranger», ont ajouté les autorités tunisiennes dans ce communiqué.
«Allah akbar. Moi aussi je vais mourir»
Ce mercredi 3 septembre, le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone, est revenu sur les faits indiquant que ceux-ci se sont déroulés vers 14h45. L’assaillant, un certain Abdelkader D. de nationalité tunisienne et en situation régulière sur le territoire, a eu une altercation, le 29 août, avec le réceptionniste de l’hôtel dans lequel il logeait et a refusé de payer l’établissement.
C’est ainsi qu’il a été expulsé de l’établissement. L’homme est revenu sur place, ce mardi, muni d’un couteau. Il est monté immédiatement au premier étage de l’hôtel et s’est rendu dans la chambre qu’il occupait avant d’en être expulsé. Il a porté ensuite un coup de couteau à un colocataire. Cette personne a été prise en charge par les marins-pompiers. Elle a été hospitalisée dans un état d’urgence absolue mais son état de santé ne serait plus en danger ce mercredi.
Après avoir blessé la première victime, le suspect est redescendu au rez-de-chaussée de l’hôtel, où il a porté immédiatement un coup de couteau au flanc du réceptionniste.
L’assaillant est ensuite sorti dans la rue et s’est mis à poursuivre le fils du gérant «pour le poignarder au niveau du dos». Selon le procureur de la République de Marseille, les jours de cette victime ne sont pas en danger.
Des amis de cette dernières victimes se sont portés au contact d’Abdelkader D. afin de le neutraliser. Cependant, un d’entre eux a reçu un coup violent de barre de fer. Il a ainsi été blessé et son incapacité totale de travail (ITT) est en cours d’établissement.
Au cours de son périple criminel, Abdelkader D. a croisé une autre victime à qui il a asséné un coup de poing au visage. Il s’agit de la 5e personne blessée. L’individu s’est, par la suite, rendu dans un commerce situé à proximité dans lequel se trouvait le gérant de l’hôtel. «Il a essayé de l’éventrer en criant « Allah akbar. Moi aussi je vais mourir »», a déclaré Nicolas Bessone.
L’homme a été mis en fuite par des clients du commerce. Un équipage de police s’est déplacé sur les lieux. A la vue des policiers, l’homme a brandi son couteau. Les fonctionnaires lui ont demandé de jeter ses armes mais l’individu n’a pas obtempéré. L’assaillant, qui voulait s’en prendre à un policier aux cris d’«Allah akbar», a finalement été abattu par les forces de l’ordre. Son décès a été déclaré à 15h36.