
François Bayrou sollicite la confiance des députés sur la situation financière du pays lundi 8 septembre, en convoquant l’article 49-1 de la Constitution. Cette journée met en jeu son avenir politique à l’Assemblée nationale. Voici la manière dont elle va se dérouler.
Ce lundi, le Premier ministre joue sa survie à Matignon. Le 25 août dernier, lors d’une conférence de rentrée, François Bayrou convoquait, par l’intermédiaire de l’article 49-1 de la Constitution, l’Assemblée nationale en session extraordinaire le 8 septembre.
Son objectif est d’«engager la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale» quant à son plan d’économies budgétaires pour la France.
Une initiative en réaction aux nombreuses ripostes à son projet d’«effort» budgétaire, coiffé à près de 44 milliards d’euros de réduction du déficit public du pays. Il risque d’être désavoué par les députés. À quelques heures du jour de vérité, découvrez les différentes étapes de la séance.
15 h : François Bayrou monte à la tribune de l’Assemblée
C’est à 15h que le Premier ministre va s’adresser aux députés, pour ce qui pourrait être sa dernière allocution en tant que Premier ministre. Après avoir appelé au 42e vote de confiance de la Ve République, il présentera, sans limite de temps pour s’exprimer, son plan pour les finances publiques.
Quelques jours avant le vote de confiance, le Premier ministre a consulté les chefs des partis politiques représentés au Parlement, afin de défendre sa trajectoire budgétaire.
Le secrétaire général du parti Renaissance, Gabriel Attal, les responsables du RN, le chef de file des députés Les Républicains Laurent Wauquiez ou encore le président de Place publique, Raphaël Glucksmann se sont présentés à Matignon. Mais tous n’ont pas assuré le chef du gouvernement de leur vote.
À quatre jours du scrutin, François Bayrou défendait sur France 2 un gouvernement qui «pour une fois» ne se «défile» pas face à la nécessité de redresser les finances publiques, indiquant sa volonté de se battre pour le de son effort budgétaire «jusqu’à la dernière minute».
L’analyse des députés
À l’issue de la déclaration de François Bayrou, un orateur de chaque groupe politique le confrontera à sa proposition. Le député des Landes Boris Vallaud a été choisi pour incarner le PS, le RN sera représenté par la présidente de ses députés, Marine Le Pen, tandis que les macronistes seront portés par la voix de l’ex-Premier ministre Gabriel Attal.
François Bayrou leur accordera une dernière réponse. Les députés se retireront ensuite pour débattre une trentaine de minutes dans les salons voisins de l’Hémicycle et décider de leur vote, avec possibilité de déléguer leur suffrage.
Pour ? Contre ? Abstention ?
À l’issue de ces échanges, les parlementaires devront se prononcer sur l’opportunité de maintenir ou non le gouvernement en place. «Faites-vous confiance au gouvernement de François Bayrou pour conduire la politique de la nation ?», vont-ils tenter de trancher.
Trois réponses s’offrent aux députés : accorder leur confiance, s’abstenir ou refuser la confiance. Pour survivre, le gouvernement doit obtenir la majorité des votes exprimés. S’il échoue, il doit démissionner. Le scrutin peut donc signer la chute de François Bayrou.
19h : annonce du résultat
Le résultat du vote est attendu aux alentours de 19h et les perspectives politiques s’enchaîneront en fonction, mais l’issue du scrutin n’a rien d’imprévisible. En effet, si François Bayrou a multiplié les apparitions médiatiques pour susciter la confiance d’un maximum d’alliés, sa chute paraît probable. Un camouflet pour la Ve République, qui s’apprête peut-être à (re)vivre une séquence politique historique.