Qu’impliquerait la taxation des pourboires, qu’envisagerait le gouvernement Bayrou ?

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By InfoHunter



Le gouvernement songerait à taxer les pourboires des professionnels de la restauration dans le cadre du budget 2026, mettant ainsi fin à leur exonération fiscale et sociale en vigueur depuis 2022, selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Une perspective qui suscite une vive opposition dans un secteur déjà confronté à de nombreuses difficultés de recrutement.

La nouvelle est presque passée inaperçue. Pourtant, selon l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), qui a réalisé deux études à ce sujet, le gouvernement envisagerait de taxer les pourboires, obsédé par une volonté de réduire la dette en réalisant des économies. Plus précisément, l’exécutif souhaiterait, dans le cadre de son projet de budget 2026, questionner l’exonération fiscale et sociale des pourboires.

Mais dans un secteur où les recrutements s’avèrent de plus en plus difficiles, au regard de conditions de travail qui le sont tout autant, les professionnels rejettent en bloc cette proposition. «C’est n’importe quoi. Ça ne se fera jamais ! Comment ils veulent nous taxer là-dessus ? C’est que du cash. Ils veulent qu’on déclare quoi ?», a ainsi réagi un restaurateur auprès de 20Minutes.

Auprès du même média, un serveur n’y croit pas. «Aucun serveur, aucun barman n’acceptera», balaye-t-il, confiant.

Un rejet massif et sans appel

Pourtant, l’UMIH en est sûre : en vigueur depuis 2022, l’exonération fiscale et sociale serait vouée à disparaître, selon les ambitions gouvernementales. «Avant cette loi, on devait déclarer tous nos pourboires au fisc, c’était comme ça», souligne un barman rennais. Mais dans les faits… C’est une autre histoire. «Comme tous les gens qui bossent dans la restauration», se défend-il, amusé.

Dans les faits, les pourboires reçus par les serveurs ne sont pourtant pas mirobolants. À l’exception de certaines tables parisiennes et en région, où ils peuvent atteindre l’équivalent d’un salaire supplémentaire à la fin du mois, les sommes perçues par les personnels de restauration excèdent rarement plus de 40 euros par mois. «Ça me sert à acheter des clopes, à aller boire un coup. Et à filer du pourboire aux autres», confie un serveur de la capitale bretonne, auprès du média.

Les résultats des deux enquêtes commandées par l’Umih mettent en exergue un rejet massif et sans appel de cette proposition en jachère. Ainsi, 81% des salariés s’opposent à l’idée de payer des impôts et des cotisations sur ces pourboires. 76% des sondés se disent inquiets et 41% envisageraient de quitter leur travail si une telle mesure venait à être appliquée. Dans ce secteur de métier qui rémunère peu, le pourboire constitue un supplément de salaire pour 71% des personnes interrogées, et 83% perçoivent cette somme comme un avantage incontournable.



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