
Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre ce mercredi 3 septembre sa décision sur l’assignation de l’Etat pour faute lourde et déni de justice par le père d’Estelle Mouzin, victime de Michel Fourniret disparue il y a plus de 20 ans.
L’État est-il responsable de la disparition d’Estelle Mouzin ? C’est la question sur laquelle doit se prononcer le tribunal judiciaire de Paris ce mercredi 3 septembre. En effet, dans ce dossier, Eric Mouzin, père d’Estelle Mouzin, victime de Michel Fournirer disparue il y a plus de 20 ans, a attaqué au civil l’État auquel il reproche de ne pas avoir toute fait pour retrouver sa fille.
Par conséquent, le tribunal judiciaire de Paris rendra ce jour sa décision sur l’assignation de l’État pour faute lourde et déni de justice. Au début de l’enquête, la piste Michel Fourniret était un temps suivie avant d’être abandonnée.
Si le corps de la petite fille n’a jamais été retrouvé, en 2020, la juge Sabine Khéris avait réussi à faire reconnaître au tueur en série Michel Fourniret son rôle dans la mort d’Estelle Mouzin. Depuis, dix campagnes infructueuses de fouilles ont été organisées dans les Ardennes pour tenter de retrouver les restes de l’enfant de 9 ans, sans succès.
Michel Fourniret, qui a été condamné à une peine de réclusion à perpétuité pour le meurtre de sept jeunes femmes ou adolescentes entre 1987 et 2001, est décédé en 2021 sans avoir subi de jugement pour l’enlèvement d’Estelle Mouzin.
«On aurait pu arrêter le parcours criminel de Michel Fourniret bien avant»
Pour rappel, Estelle Mouzin a disparu le 9 janvier 2003, alors qu’elle rentrait de l’école à Guermantes (Seine-et-Marne). L’instruction a ensuite mené à la condamnation, en décembre 2023, de Monique Olivier, à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 20 ans, pour sa complicité dans trois enlèvements et meurtres commis par son ex-mari Michel Fourniret, dont celui d’Estelle Mouzin, la plus jeune des victimes du tueur en série.
«On aurait pu arrêter le parcours criminel de Michel Fourniret bien avant», affirme Me Didier Seban, avocat d’Eric Mouzin, à l’AFP. «On aurait pu évidemment, dès les premiers jours de l’arrestation de Michel Fourniret, orienter l’enquête dans sa direction», a-t-il ajouté.
De son côté, le procureur a reconnu des «manquements du service public de la justice à l’égard de la partie civile». «Il y a une faute lourde mais entre cette faute lourde et le fait que Michel Fourniret n’a pas été mis en examen, il n’y a pas de causalité directe», a-t-il déclaré à l’AFP.
Le plaignant, Eric Mouzin, a demandé 150.000 euros au titre des préjudices matériel et financier et 200.000 euros pour le préjudice moral.