la justice se prononce ce mardi sur le sort d’un médecin et de son mentor accusés d’avoir administré des traitements illégaux

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By InfoHunter



Le tribunal judiciaire de Paris doit rendre ce mardi 2 septembre sa décision concernant deux médecins accusés d’avoir administré des médicaments non homologués à des malades souffrant de pathologies neurodégénératives.

Saisie par l’ordre des médecins et celui des pharmaciens, la justice doit se prononcer ce mardi 2 septembre sur le sort de cinq prévenus, dont deux médecins. Jugés par le tribunal judiciaire de Paris, ces derniers sont accusés d’exercice illégal de la médecine et de complicité dans un trafic de médicaments non autorisés.

La défense a plaidé la relaxe mais le parquet, lui, a requis deux ans de prison avec sursis et une interdiction d’exercer la médecine à vie à l’encontre du Dr. Pascal Trotta, qui réside à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques) mais exerce à Saint-Sébatien en Espagne. Le ministère public a demandé quatre ans de prison avec sursis et la même interdiction d’exercer à l’égard du médecin bordelais Michel Geffard, mentor de Pascal Trotta.

Ils sont impliqués dans une vaste affaire de trafic de médicaments illégaux, destinés à soigner les maladies neurodégénératives comme la sclérose en plaques.

Des traitements non homologués

Chercheur réputé lauréat de plusieurs récompenses scientifiques, Michel Geffard, 75 ans, avait en effet développé une théorie selon laquelle ces pathologies étaient liées à des infections intestinales. Dans son laboratoire pharmaceutique de Gironde, il avait ainsi développé, avec ses collaborateurs, des préparations expérimentales.

Travaillant avec Pascal Trotta, il a proposé dès 2016 ces formules, non homologués par les autorités sanitaires et donc non remboursées par la Sécurité sociale, à des patients qui ne répondaient pas aux traitements traditionnels. Pour répondre à la demande croissante, la production de ces médicaments avait par la suite été délocalisée dans une pharmacie à Milan, en Italie.

Michel Geffard ainsi que trois autres personnes avaient finalement été interpellés en 2019, après des plaintes déposées par des employés du laboratoire girondin. Le chercheur avait alors été radié de l’Ordre national des médecins et la mise en examen du Dr. Pascal Trotta avait suivie peu après.

«Entre 200 et 300 patients» traités

D’après les enquêteurs, «les malades dépensaient 400 euros par mois pour suivre des traitements complètement illégaux». Les avocats de la défense, eux, évoquent une dépense de «150 euros par mois».

D’après France bleu, Pascal Trotta affirme avoir «traité entre 200 et 300 patients, à 20% espagnols». Il assure que tous ont été soulagés par ces médicaments non-autorisés, avec «moins de douleurs, moins d’inflammations, plus de forces dans les jambes».

Aucun de ces patients ne s’est constitué partie civile, ce que n’a pas manqué de souligner la défense, qui juge les réquisitions «disproportionnées». L’Ordre des médecins ainsi que celui des pharmaciens demandent en revanche des dommages et intérêts.



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