
Le nombre de personnes actuellement recensées comme étant disparues dans le monde a bondi de 70% en cinq ans, passant à près de 300.000. Une croissance explicable par la multiplication des conflits armés et des migrations massives, mais aussi du non-respect des lois de la guerre, selon le Comité international de la Croix-Rouge.
C’est une statistique glaçante, qui concerne le monde entier. À la fin de l’année dernière, près de 284.400 personnes ont été enregistrées comme disparues par le Réseau des liens familiaux du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Un chiffre qui représente une augmentation de 68% depuis 2019, selon un communiqué publié vendredi par l’organisation.
«Du Soudan à l’Ukraine, de la Syrie à la Colombie, la tendance est claire : le nombre croissant des personnes disparues rappelle brutalement que les parties au conflit et ceux qui les soutiennent ne protègent pas les gens pendant la guerre», a déclaré à Genève le directeur général du CICR Pierre Krahenbuhl.
Une hausse qui s’explique majoritairement par l’augmentation des conflits et de l’immigration massive et qui pourrait être ralentie par des mesures plus strictes, pour éviter la séparation des familles, protéger les personnes en détention et gérer correctement les recensements de décès, explique le CICR. Les lois relatives à la guerre, incluent entre autre un devoir d’éviter de séparer les membres de la famille au moment du transfèrement ou de l’évacuation de civils, ainsi que l’obligation des parties de partager des informations sur les détenus afin de leur permettre de garder contact avec leurs proches.
Un fléau à part entière
Malheureusement, Pierre Krahenbuhl a averti que les chiffres rendus publics n’étaient que la partie immergée de l’iceberg et que la réalité bien plus grave. «Souvenons-nous que derrière chaque chiffre se trouve une mère, un père, un enfant ou un frère ou une sœur dont l’absence laisse une blessure dont les statistiques ne peuvent pas rendre compte», a-t-il martelé.
Selon le CICR, il en va de la responsabilité des États et des parties impliqués dans les conflits de réduire au maximum le nombre de disparitions et de les clarifier auprès des familles systématiquement. «La manière dont les Etats répondent aux cas de personnes disparues peut façonner les sociétés longtemps après la fin de la violence, influer sur l’établissement de la paix, la réconciliation et la capacité des communautés à guérir des maux qui leur ont été infligés», a déclaré le Comité.
Ce dernier s’est engagé à œuvrer pour que l’obligation de transparence à propos des combattants ennemis ayant péri soit respectée par les États, afin que leurs familles connaissent leurs sorts et qu’ils ne soient pas enregistrés comme disparus s’ils sont en réalité décédés.