
À deux jours d’une rencontre au sommet organisée entre Donald Trump et Vladimir Poutine en Alaska, les Européens ont organisé trois réunions en visioconférence ce mercredi pour évoquer leur positionnement dans les négociations à venir concernant la guerre en Ukraine.
Un front commun. Après trois réunions en visioconférence impliquant les principaux dirigeants européens ce mercredi, le président français Emmanuel Macron a débriefé ces échanges au micro de CNEWS.
Pour rappel, ce point diplomatique a pour vocation de fixer une ligne de conduite continentale avant la rencontre au sommet prévue vendredi en Alaska entre le président américain Donald Trump et son homologue Vladimir Poutine, au sujet de la guerre en Ukraine.
«La volonté américaine est d’obtenir un cessez-le-feu en Alaska»
«Nous voulons une paix robuste et durable, c’est-à-dire une paix qui règle à la fois les questions territoriales mais aussi des garanties de solutions pour l’avenir (…) Le président Trump a été très clair sur le fait que la volonté américaine était d’obtenir un cessez-le-feu à l’occasion de cette réunion en Alaska», a assuré le chef d’État français.
Le président Emmanuel Macron a déclaré : «Il y a eu des clarifications très importantes», lors de son déplacement dans le Var, revenant sur la position des Etats-Unis au sein du conflit entre la Russie et l’Ukraine #PunchlineETEpic.twitter.com/qG7CMRZ4iQ
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«Le deuxième élément exprimé par le président Trump est que les questions territoriales qui relèvent de l’Ukraine ne peuvent être et ne seront négociées que par le président ukrainien. C’est la position que nous soutenons et elle a été très clairement exprimée par le président Trump», a poursuivi ce dernier.
«Le troisième élément, c’est le lien qui doit continuer d’exister entre toute concession territoriale et les garanties de sécurité qui seront apportées à l’Ukraine (…) Le président Trump a affirmé que l’OTAN ne doit pas faire partie de ces garanties de sécurité mais que les Etats-Unis, et tous les alliés qui y étaient prêts, devraient en faire partie», a abondé Emmanuel Macron.
«On va aussi se battre pour obtenir un rendez-vous trilatéral à venir avec le président Trump et le président Zelenski. Nous souhaitons qu’elle puisse se tenir en Europe, dans un pays neutre», a ajouté le président tricolore.
«Un réveil important de l’Europe»
«C’est très important que l’Europe soit entendue avant un tel rendez-vous (…) Ces dernières années ont marqué un réveil important de l’Europe. Depuis le sommet de Versailles qui a acté l’autonomie stratégique de l’Europe, nous avons pris des décisions fortes dans des domaines technologiques, industriels, de défense et de sécurité. L’Europe a pris ces derniers mois des décisions historiques pour devenir une puissance militaire, ce qu’elle n’était pas en tant qu’entité», a analysé Emmanuel Macron.
Le président Emmanuel Macron a déclaré : «Nous voulons une paix qui soit robuste et durable», en revenant sur la place de l’Europe au sein du conflit entre la Russie et l’Ukraine #PunchlineWEpic.twitter.com/eccB6f9Khs
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«Nous avons réitéré le fait que jusqu’à ce qu’il y ait un cessez-le-feu puis une paix durable, il nous faut maintenir le soutien à l’Ukraine, que ce soient les Américains ou les Européens. Le premier objectif du président Trump à l’occasion de ce rendez-vous avec le président Poutine en Alaska sera de demander le cessez-le-feu», a précisé le président de la République.
«L’Ukraine aux avant-postes face à l’impérialisme russe»
«Il ne faut pas oublier que les Russes étaient aux portes de Kiev il y a trois ans et demi. Les Ukrainiens ont repoussé héroïquement les forces russes avec le soutien de l’Europe et des Etats-Unis. Ce dont on discute maintenant est déjà très loin de Kiev, dans la partie est de l’Ukraine. Il faut maintenir la pression sur la Russie, l’aide à l’Ukraine et les efforts diplomatiques entre l’Europe et les Etats-Unis. Cette guerre ne concerne pas seulement l’Ukraine mais la défense du droit international», a rappelé Antonio Costa, le président du Conseil européen.
Le président du Conseil européen, Antonio Costa, a déclaré : «Il faut maintenir la pression sur la Russie», à quelques jours de la rencontre bilatérale entre Donald Trump et Vladimir Poutine #PunchlineETEpic.twitter.com/NdJkB3Pt22
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«Si nous commençons à négocier pour le compte de tiers, le monde ne sera plus jamais en paix. On parle de la sécurité des Européens car l’Ukraine est aux avant-postes dans la résistance à un impérialisme territorial russe. Il a commencé quasiment jour pour jour à se jouer en Géorgie en 2008. Cela ne s’est plus arrêté depuis le 8 août 2008 en Géorgie, puis en Caucase, en Asie centrale…», a listé Emmanuel Macron.
«un nouveau paquet de sanctions»
«Nous avons pris un nouveau paquet de sanctions et nous en préparons un autre. Je pense que cela dépendra des négociations des prochains jours et des prochaines semaines mais qu’il ne faut rien exclure. Notre souhait, c’est le retour à la paix, à la stabilité, à l’ordre international et le démantèlement de toutes ces sanctions. Celles-ci sont conditionnées à une paix durable acceptée par la Russie», a indiqué le président français.
«En tout cas, il ne faut pas être faible sur ce sujet. Si elles s’imposent, elles devront avancer. Je note d’ailleurs que le président américain a pris aussi des sanctions secondaires contre des pays comme l’Inde qui achètent et revendent du pétrole russe. C’est une logique qui est aujourd’hui partagée», a conclu Emmanuel Macron.