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Un accident et une issue fatale, qui restent dans toutes les mémoires sur le bassin d’Arcachon (Gironde) : en mai dernier, Benjamin, 8 ans, mourait à bord d’un petit optimiste, percuté par bateau de pêche tout près des plages, dans la zone dite des 300 mètres. Une zone de tous les dangers, où la brigade nautique redouble de vigilance.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
C’est le quotidien de la brigade nautique d’Arcachon (Gironde). Avancer à deux, à bord d’une vedette, d’un jet-ski, pour surveiller un territoire élastique qui passe de 150 à 80 kilomètres carrés, d’une marée à l’autre. L’adjudant-chef Frédéric agit en poisson pilote : « Le jet, c’est beaucoup plus précis, beaucoup plus maniable. On peut s’approcher sur des zones où il y a peu d’eau », indique-t-il.
La bande des 300 mètres fait l’objet de toutes les attentions. À 300 mètres de la plage, juste avant cette bouée, tout se croise. « On a beaucoup de choses et on a une vitesse limitée à 5 nœuds, qu’il faut absolument faire respecter, parce qu’on a beaucoup de risques de collision. Et on a malheureusement des accidents ces derniers temps qui nous ont rappelé la nécessité d’être présents sur cette ligne », explique le major Jérôme Goussard, commandant de la brigade nautique.
Le décès d’un enfant percuté par un bateau a changé la donne, justifiant une surveillance appuyée. Sans cesse, les gendarmes rappellent la réglementation, font de la pédagogie. « Ici, la chose la plus importante, c’est la présence des baigneurs et des navires qui sont en mouvement pour prendre les corps morts. Et comme vous le voyez, il y a de la luminosité, il y a un peu de vagues et une tête de baigneur ne se voit pas forcément dans le sens où vous arrivez, sous le même soleil dans les yeux », pointe le major Alain, gendarme réserviste.
À l’approche de la dune du Pilat, dans la passe qui la sépare du banc d’Arguin, on se doit aussi de réduire la vitesse : « Le geste, (…), c’est de faire ralentir », explique le major Alain, qui fait signe aux bateaux de marquer le pas. Et il y a malheureusement un point commun entre ces plaisanciers, comme le souligne le major Jérôme Goussard : « Un manque d’expérience et de pratique [ils] ne s’approprient pas de la bonne manière leur bateau, [ils] n’ont pas l’habitude tout simplement de piloter un bateau. Et cela justifie des rappels quotidiens ».
Les rappels s’enchaînent, les questions aussi autour du gilet de sauvetage. « Il n’est pas obligatoire que tu l’aies, mais c’est beaucoup plus prudent que tu le mettes », rappelle un gendarme à l’intention d’une enfant. « Il y a pas mal de gens qui font un peu n’importe quoi sur le bassin, donc je pense que ça [les] calme un peu, c’est très bien », réagit un plaisancier.
Mais tous ne le voient pas de cet œil. Alors, les gendarmes sont désormais équipés de caméras, comme en ville. Ils le savent, l’été, les comportements urbains s’invitent sur le bassin.