3,3 km, des tours à 400 m de haut… Tout savoir sur le futur plus grand pont suspendu au monde

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By InfoHunter


Le gouvernement italien a approuvé ce mercredi 6 août la construction du plus long pont suspendu du monde. Il fera 3.300 mètres de long et fera 400 mètres de haut, pour une livraison en 2032.

Un «accélérateur de développement», selon le Vice-Premier ministre italien, Matteo Salvini. Grâce à ce projet estimé à 13,5 milliards d’euros, l’Italie frappe un grand coup en construisant le plus grand pont suspendu du monde, qui pourrait être utilisé dès 2032.

Grâce à cet ouvrage, l’Italie ne fera qu’un avec son île méridionale, en surplombant le détroit de Messine, entre Villa San Giovanni et Messine, ville côtière de Sicile.

© Stretto di Messina

Au total, le pont fera plus de 5 km, dont 3.300 mètres au-dessus de l’eau. Large de 60,4 mètres, il est imaginé pour permettre à pas moins de 140.000 véhicules quotidiens de l’emprunter, sur trois voies de chaque côté de circulation. De même, il permettra le passage de 200 trains par jour grâce à une voie dédiée. Sa hauteur sera de 399 mètres, dont 76 mètres d’hauteur libre.

© Stretto di Messina

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a qualifié le projet de «symbole d’ingénierie de portée mondiale», démontrant «la force de volonté et la compétence technique de l’Italie». Le pont sera en effet capable de résister à des vents d’une vitesse de plus de 200 km/h ainsi qu’à des séismes de magnitude 7,1, dans une zone qui n’est pas épargnée par les secousses. D’un point de vue purement technique, la portée sans pile intermédiaire mais avec seulement deux de part et d’autre de la route suspendue, sera réalisée par la société de droit public «Stretto di Messina S.p.A». Le pont sera composé d’acier et de béton.

 
© Stretto di Messina

En faisant fi des contestations environnementales et économiques qu’implique cette structure historique, le gouvernement italien a décidé de financer ce gigantesque pont par une partie du budget consacré à la défense. En s’alignant sur certains membres de l’Otan, qui ont décidé d’augmenter leur budget militaire pour le porter à 5% du PIB national, le pays transalpin exploite la possibilité de dépenser 1,5% de celui-ci dans des domaines «liés à la défense», comme les infrastructures. Rome espère donc que ce chantier sera éligible, d’autant que la Sicile abrite une base militaire de l’Otan.

Une mauvaise nouvelle écologique ?

Ce pont, qui a été imaginé dès les années 1980, a notamment été promis par le gouvernement Berlusconi, en 2008, qui promet que son financement sera réglé en 2009. A l’époque, il était estimé à 6 milliards d’euros. Mais dès 2011, l’Assemblée vote un amendement pour supprimer son financement et la réalisation est suspendue. Depuis, le projet n’a cessé de faire l’objet des fantasmes de la classe politique mais les polémiques n’ont jamais disparues.

En 2024, la Cour des comptes italiennes critiquait ainsi un «fort déséquilibre» en faveur du pont dans les investissements en infrastructure du pays. Le parti d’opposition démocrate critique quant à lui un projet qui piétine les normes environnementales, de sécurité et européennes. Ce pont, situé dans une zone marine protégée, pourrait également être néfaste à des «millions d’oiseaux» qui passent par cette région lors de leur migration, comme l’expliquait en juin Tommasco Castronovo, le président de l’association de défense de l’environnement Legambiente Sicilia.



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