les annonces de la ministre de la Santé sont « une diversion politique », tacle un économiste

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By InfoHunter


Selon Frédéric Bizard, économiste de la santé, « laisser penser que c’est par la lutte contre la fraude qu’on va rétablir l’équilibre budgétaire de la sécurité sociale, c’est un leurre ».


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La ministre de la Santé Catherine Vautrin sur les marches de l'Elysée le 16 juillet 2025 (TELMO PINTO / NURPHOTO)

La ministre de la Santé Catherine Vautrin sur les marches de l’Elysée le 16 juillet 2025 (TELMO PINTO / NURPHOTO)

La ministre de la Santé Catherine Vautrin a dévoilé samedi 2 août les pistes du projet de loi contre la fraude sociale attendue à l’automne. La ministre a présenté des mesures comme la géolocalisation des transports sanitaires ou la possibilité de débiter le compte bancaire d’un fraudeur. « Si c’était une recette miracle, on l’aurait appliqué avant », souligne ce dimanche sur franceinfo Frédéric Bizard, économiste de la santé et président fondateur de l’Institut Santé.

« Certaines mesures proposées sont bonnes mais laisser penser que c’est par la lutte contre la fraude qu’on va rétablir l’équilibre budgétaire de la sécurité sociale, c’est un leurre », cingle l’économiste de la santé. « Il faut moderniser évidemment les fichiers, il faut les croiser, il y a un délai de carence qu’il faut probablement généraliser aussi au secteur public, mais ce n’est pas ça qui va rétablir nos comptes », assure Frédéric Bizard. « On est vraiment dans de la diversion politique » même s’« il faut bien sûr lutter chaque jour contre la fraude sociale », ajoute-t-il. Selon la ministre, le préjudice de ce type de fraude est estimé à « 13 milliards d’euros ».

« Ce qui est très gênant dans cette approche-là, c’est qu’on est dans de la diversion politique pour éviter de parler de vraie réforme du système de santé », affirme-t-il, notamment d’une « réforme de l’Etat sanitaire ». « On a vu pendant la lutte contre le Covid qu’on avait un Etat sanitaire qui était très désorganisé entre de multiples agences et qui était assez peu efficace », appuie-t-il. Parmi les pistes d’économies suggérées par l’économiste la restructuration des « 17 Agences régionales de santé (ARS) qui coûtent plus d’un milliard d’euros et qui sont extrêmement inefficaces dans le pilotage des soins à l’échelle des territoires ».

Aux yeux du spécialiste, les mesures d’économies visées par le gouvernement sont « non pérennes ». « Les seules économies pérennes envisageables en matière de santé, ce sont des économies qui améliorent l’état de santé de la population », souligne Frédéric Bizard. Selon lui, « il faut réaliser une vraie loi de programmation à cinq ans, c’est-à-dire avoir une stratégie d’une vision à long terme de ce que l’on veut faire en matière de santé publique », notamment « face à un vieillissement inédit de la population ». « Il faut changer le système de santé pour qu’ils permettent un vieillissement en bonne santé », abonde-t-il.





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