la municipalité s’efforce de maintenir son centre de colonies de vacances actif

Photo of author

By InfoHunter



Publié



Mis à jour



Temps de lecture : 3min – vidéo : 5min

Pour certains, les colonies de vacances municipales sont le seul moyen de faire partir les enfants. Mais il y en a de moins en moins. Beaucoup de municipalités se sont séparées de leurs centres de vacances, trop chers à entretenir. D’autres font le choix de les maintenir. C’est le cas de Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité. 

Les murs d’une colonie de vacances bâtie il y a presque un siècle sont décrépis. La colonie est endormie lors des mois d’hiver, jusqu’à ce que reviennent chaque été les enfants de Bagnolet (Seine-Saint-Denis).

Un peu engourdis par les 530 kilomètres parcourus depuis la Seine-Saint-Denis, ils sont enfin en vacances. La colonie est la propriété de la commune. Le personnel, lui aussi, vient de la commune. Beaucoup connaissent déjà les enfants qu’ils côtoient toute l’année dans les centres de loisirs. De quoi les rassurer quand il s’agit de couper tout lien avec la famille.

L’attraction phare de cette colonie à l’île d’Oléron (Charente-Maritime) : l’océan. « Moi, ça m’a rappelé des souvenirs. Je suis né à Bagnolet et je suis venu 15 ans aux colonies. C’est marrant », se rappelle un retraité présent sur la plage. L’histoire des enfants de Bagnolet à l’île d’Oléron remonte à 1932. À cette époque, les mairies de banlieue acquièrent des terrains près de la mer. L’objectif : offrir des vacances aux enfants d’ouvriers. Uniformes et chants militants sont alors de rigueur.

Mais 90 ans plus tard, les communes ont-elles encore les moyens de s’offrir leur propre colonie de vacances ? Chloé, 13 ans, va passer 11 jours de colonie à l’île d’Oléron, un séjour que sa mère, bénéficiaire du RSA, peut lui offrir grâce aux tarifs proposés par la mairie. « Il nous reste 67 euros à notre charge pour 11 jours de vacances. C’est vraiment royal, ça permet d’emmener les enfants en vacances. Sinon, ce n’était pas possible », indique Corinne Courtois, habitante de Bagnolet.

Le maire le concède volontiers. Le centre d’Oléron lui coûte cher : un million d’euros investis ces dernières années pour être maintenu aux normes. Mais il n’est pas question pour lui de s’en séparer. « Certains de mes collègues, me conseillent parfois de vendre les centres, mais je pense que c’est l’héritage de la ville, c’est notre patrimoine », assure Tony Di Martino, maire (PS) de Bagnolet.

Beaucoup d’autres élus ont, eux, préféré s’en séparer. Sur l’île d’Oléron, par exemple, qu’on appelait autrefois l’île aux colonies, de nombreux sites ont été abandonnés par les collectivités. Sur 50 colonies de vacances que comptait l’île, seule une dizaine subsiste encore. Un choix que certaines communes ont finalement regretté.

Villejuif (Val-de-Marne) a acheté une ferme de l’Yonne l’an dernier. La commune avait pourtant cédé son dernier centre de vacances en 1999. Mais les élus ont fait machine arrière et opté pour une ferme, plus près, accessible toute l’année et moins chère.

« Le droit aux vacances et le droit à la déconnexion, doivent faire partie des politiques publiques et des politiques publiques prioritaires », lance Anne-Gaëlle, adjointe au maire (PCF) de Villejuif. « On a un site qui vit toute l’année et ça, c’est le meilleur modèle économique et qui correspond à plusieurs attentes », ajoute-t-elle. Car la ferme continue de produire de fruits et des légumes à destination des crèches de la ville. Une façon d’amortir l’investissement et de pouvoir offrir aux habitants un service public des vacances.

Observatoire des inégalités – 40 % des Français ne partent pas en vacances

Liste non exhaustive





Source link

Laisser un commentaire