
Donald Trump a provoqué la stupeur, ce vendredi, en exigeant le renvoi de la cheffe de la principale agence de statistiques économiques des Etats-Unis après la publication de mauvais chiffres de l’emploi.
Une décision rare. Donald Trump a exigé, ce vendredi, le renvoi d’Erika McEntarfer, cheffe de la principale agence de statistiques économiques des Etats-Unis, après la publication de chiffres de l’emploi jugés décevants.
«Je viens d’apprendre que les chiffres de l’emploi de notre pays sont réalisés par une personne nommée par Joe Biden, Dr. Erika McEntarfer, (…) qui a truqué les chiffres de l’emploi avant l’élection pour augmenter les chances de victoire de Kamala Harris», a affirmé le président américain sur Truth Social, indiquant que le but était de «donner une mauvaise image des Républicains» et de lui-même.
Une décision «autoritaire» selon un économiste
Plus tard, devant les journalistes, il a ajouté : «Nous avons besoin de personnes à qui nous pouvons faire confiance», accusant à nouveau Erika McEntarfer d’avoir gonflé les chiffres par le passé pour aider Joe Biden.
La décision a provoqué une vague d’indignation. Pour l’économiste Larry Summers, il s’agit ici d’une dérive autoritaire. «Renvoyer la responsable d’une agence gouvernementale stratégique parce que vous n’aimez pas les chiffres qu’elle produit, c’est ce qui arrive dans des pays autoritaires, pas dans des pays démocratiques», a-t-il déclaré.
Le sénateur de gauche Bernie Sanders a, lui aussi, critiqué Donald Trump, appelant à placer «des économistes sérieux» dans ces fonctions et pas «des laquais qui vous diront ce que vous voulez entendre.»
La banque centrale américaine dans le viseur de Donald Trump
La fédération américaine d’économistes, NABE, a rappelé que les révisions de chiffres viennent surtout du manque de moyens des agences.
Le rapport mensuel, publié le matin même, a en effet révélé un marché du travail plus fragile que prévu. Le nombre d’emplois censés avoir été créés pendant les mois de mai et de juin a été fortement révisé à la baisse, atteignant leur plus bas niveau depuis la pandémie.
Selon des spécialistes, ce document «change la donne» en montrant que «le marché du travail se détériore rapidement».
Ces données fragilisent donc le discours économique de Donald Trump et surviennent alors qu’il multiplie les pressions sur la Fed (ndlr, banque centrale américaine), organisme qui fixe les taux d’intérêt qui influencent les crédits, la croissance et l’inflation.
Or, malgré les appels insistants du président à baisser ces taux, elle a choisi de les maintenir stables pour la cinquième fois consécutive. Parmi ses gouverneurs, Adriana Kugler a annoncé sa démission ce vendredi. Son départ permet à Donald Trump de renforcer son influence potentielle sur la banque centrale.
Le président américain réclame désormais aussi la démission de Jerome Powell, patron de la Fed.