les taxes imposées à l’UE par Washington reportées au 7 août prochain

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By InfoHunter



Annoncés par Donald Trump depuis des mois, les nouveaux droits de douane imposés aux produits européens par Washington, qui devaient entrer en vigueur ce vendredi, ne seront appliqués qu’à partir du 7 août prochain.

Un répit de courte durée. Reportée à plusieurs reprises, l’augmentation des droits de douane, annoncée depuis des mois par Donald Trump et qui devait entrer en vigueur ce vendredi 1er août, a été décalé au 7 août prochain.

Ce délai a été prévu afin de permettre aux douanes de s’organiser, a indiqué un haut-responsable américain à la presse dans la nuit. Dans une semaine, les taxes appliquées aux produits venant de l’Union européenne (UE) devraient donc augmenter pour se situer entre 11% et 50%, en fonction de certaines exceptions.

Le secteur de l’automobile en première ligne

Comme le Japon, la Corée du Sud, le Royaume-Uni, le Vietnam, l’Indonésie ou encore les Philippines, l’UE s’est entendue avec la Maison Blanche pour négocier des surtaxes moins élevées que celles évoques initialement. Les produits européens devraient donc être taxés pour la plupart à hauteur de 15%, contre 20% prévu début avril par l’administration américaine, après avoir même été menacés un temps de 30%.

Le taux de 15% concerne par exemple le secteur automobile, crucial pour l’Allemagne, la première économie du bloc européen. Dans un secteur employant environ 13 millions de personnes en Europe, les constructeurs paient depuis avril des droits de douane de 27,5%, contre 2,5% avant la nouvelle administration Trump. Le lobby européen des constructeurs automobiles a salué lundi une «désescalade» bienvenue.

Certains secteurs sont plus durement touchés, les Etats-Unis ont par exemple annoncé des droits de douane de 50% sur les importations de produits semi-finis en cuivre tels que les tuyaux, les fils et les tubes, ainsi que sur les produits dérivés à forte teneur en cuivre comme les câbles, les connecteurs ou les composants électriques. Les professionnels du secteur se disent toutefois rassurés que cette surtaxe concerne uniquement les produits fabriqués avec du cuivre et non le métal brut.

Une liste évolutive

Bruxelles et Washington ont chacun de leur côté prévu quelques exemptions pour des biens jugés essentiels, mais la liste exacte doit encore être confirmée. L’UE envisage par exemple de piocher parmi les productions faiblement taxées aujourd’hui pour élargir la liste de ce qui pourrait être importé des États-Unis en Europe sans aucune taxe.

Cela pourrait concerner les fruits à coque, le homard, le fromage, certains produits laitiers, ou encore la nourriture pour animaux domestiques. Bruxelles pourrait aussi exempter de droits de douane les machines-outils ainsi que certains produits chimiques ou liés aux engrais.

Enfin, côté industrie, l’UE s’est dite prête à réduire les taxes sur les voitures américaines si Washington le souhaite. En échange, un «zéro tarif douanier» profiterait à l’aéronautique européenne et à certains dispositifs médicaux exportés outre-Atlantique.

Certains secteurs toujours dans le flou

Dans d’autres domaines, l’incertitude règne encore, comme pour les produits pharmaceutiques que l’UE voudrait voir taxer à moins de 15%, alors que la Maison Blanche n’y semble pas prête. Plusieurs secteurs, comme celui des semi-conducteurs, sont par ailleurs visés par des enquêtes commerciales américaines qui pourraient conduire Donald Trump à imposer des taxes massives.

Concernant l’acier, les Européens sont soumis actuellement à des droits de douane de 50% sur leurs exportations vers les États-Unis. Washington considère que ces taxes demeurent «inchangées» à ce stade, mais entend «discuter avec l’UE de la sécurisation des chaînes d’approvisionnement».

Du côté de Bruxelles, on assure pourtant que Donald Trump est prêt à un compromis sous la forme d’un système de quotas. La taxe de 50% ne s’appliquerait qu’au-delà d’un certain volume d’exportations. Les discussions se poursuivent, donc.

Par ailleurs, si la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a affirmé que «certains produits agricoles» seront exemptés de taxation à 15%, aucune précision n’a été fournie à ce sujet. Le ministre du Commerce extérieur, Laurent Saint-Martin, a dit «poussé» en faveur d’une exemption pour le secteur des vins et spiritueux.

«Un jour sombre»

En dehors de ces droits de douane, l’accord prévoit aussi l’achat par l’UE d’hydrocarbures américains (gaz naturel, pétrole et combustibles nucléaires) pour 750 milliards de dollars sur trois ans (environ 655 milliards d’euros). Il est aussi question de nouveaux investissements européens aux États-Unis pour 600 milliards USD (524 milliards d’euros), un montant correspondant aux «intentions» du secteur privé européen, explique-t-on à Bruxelles.

Mercredi, en Conseil des ministres, Emmanuel Macron a exprimé de la déception par rapport à cet accord. «Pour être libre, il faut être craint. Nous ne l’avons pas été assez», a-t-il déclaré, avant de promettre que la France continuerait de faire montre «d’exigence et de fermeté» dans la suite des discussions avec la Maison Blanche. Le Premier ministre, François Bayrou, a quant à lui regretté un «jour sombre» et accusé l’Europe de se «soumettre» aux Etats-Unis.

La présidente de la Commission européenne, elle, a défendu un «bon accord» censé apporter «de la stabilité» aux consommateurs, investisseurs et industriels des deux côtés de l’Atlantique. Le négociateur en chef de l’UE, Maros Sefcovic, s’est dit «100% sûr que cet accord est meilleur qu’une guerre commerciale avec les Etats-Unis».

Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a estimé que l’accord permet d’«éviter une escalade inutile» et Giorgia Meloni, chef du Conseil italien, se satisfait d’éviter grâce à lui un scénario «potentiellement dévastateur» selon elle.





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