La France et le Royaume-Uni ont, eux aussi, récemment annoncé leur intention de reconnaître l’Etat de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre à New York.
/2023/07/06/64a68815cd1a7_placeholder-36b69ec8.png)
Publié
Mis à jour
Temps de lecture : 3min
Le Canada « a l’intention » de reconnaître l’Etat de Palestine en septembre, a annoncé mercredi 30 juillet le Premier ministre canadien Mark Carney, un changement de politique qu’il juge nécessaire pour préserver l’espoir d’une solution à deux Etats. « Le Canada a l’intention de reconnaître l’Etat de la Palestine lors de la 80e session de l’Assemblée générale des Nations Unies en septembre 2025 » à New York, a déclaré Mark Carney lors d’une conférence de presse. Le Canada sera ainsi le troisième pays du G7, après la France et le Royaume-Uni, à reconnaître un Etat palestinien.
En franchissant le pas de la reconnaissance, le Canada est motivé par la conviction « de longue date » du pays en faveur d’une solution à deux Etats au conflit israélo-palestinien, qui dure depuis des décennies, a justifié son premier ministre. « Cette possibilité d’une solution à deux Etats s’érode sous nos yeux », a déclaré Mark Carney. Il a fait référence à « l’incapacité persistante » d’Israël à empêcher une catastrophe humanitaire à Gaza, ainsi qu’à l’expansion des colonies dans la Cisjordanie occupée et à Jérusalem-Est annexée par Israël. « Pendant des décennies, on a espéré que [la solution à deux Etats] serait réalisée dans le cadre d’un processus de paix fondé sur un accord négocié entre le gouvernement israélien et l’Autorité palestinienne », a-t-il déclaré, ajoutant : « Malheureusement, cette approche n’est plus tenable. »
Après l’annonce en ce sens, jeudi 24 juillet, du président français Emmanuel Macron, une conférence sur la solution à deux Etats, convoquée par l’Assemblée générale des Nations Unies et coprésidée par Paris et Ryad, espérait enclencher une dynamique en la matière. Mercredi, Paris et 14 autres pays, dont le Canada et l’Australie, avaient ainsi « invité » les pays du monde à exprimer leur volonté de reconnaître un Etat de Palestine, selon le ministre des Affaires étrangères français. « A New York avec 14 autres pays, la France lance un appel collectif : nous exprimons notre volonté de reconnaître l’Etat de Palestine et invitons ceux qui ne l’ont pas encore fait à nous rejoindre », avait écrit Jean-Noël Barrot sur X.
L’annonce d’Ottawa a immédiatement fait réagir Israël : « Nous rejetons l’appui du Canada à la création d’un Etat palestinien », a écrit sur X son ambassade au Canada. « Soyons clairs : Israël ne cédera pas à la campagne de pression internationale déformée » venant « durcir la position du Hamas à la table des négociations à un moment critique », peut-on encore lire.
De son côté, la France a salué l’annonce canadienne et va « poursuivre ses efforts » pour que d’autres Etats fassent de même, a annoncé mercredi soir l’Elysée. « Nous nous réjouissons de pouvoir travailler de concert avec le Canada pour relancer une perspective de paix dans la région », écrit la présidence française, ajoutant qu’Emmanuel Macron s’est entretenu avec Mark Carney « un peu plus tôt dans la journée » de cette question.