un cas d’esclavage moderne jugé ce mercredi

Photo of author

By InfoHunter



Une jeune femme, originaire d’Asie du Sud-Est, affirme avoir été victime d’esclavage moderne entre octobre 2022 et juillet 2024, alors qu’elle était fille au pair chez une famille de Marly-le-Roi (Yvelines). La décision dans cette affaire est rendue ce mercredi 30 juillet.

88 heures de travail par semaine, aucun jour de repos, le tout pour un salaire médiocre… C’est le récit d’une jeune femme de 23 ans, originaire d’Asie du Sud-Est. Cette dernière raconte avoir vécu l’enfer entre octobre 2022 et juillet 2024, alors qu’elle était embauchée comme fille au pair dans une famille de Marly-le-Roi (Yvelines).

Accompagnée par le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), elle a déposé le 22 juillet 2024 une plainte pénale pour traite d’être humain au commissariat de Marly-le-Roi. Mais elle a aussi saisi le conseil de prud’hommes pour demander, entre autres, la requalification de sa convention de jeune fille au pair en CDI, et dont la décision sera rendue ce mercredi 30 juillet. 

«Elle me traite comme une esclave»

Tout commence en janvier 2022. Alors qu’elle n’a que 20 ans, la jeune femme rêve d’émancipation. Tout juste diplômée d’un bachelor en Asie du Sud, elle postule pour devenir jeune fille au pair. Quelques semaines plus tard, un couple de cadres habitant à Marly-le-Roi la contacte et lui propose de s’occuper de ses deux enfants, âgés de 4 et de 9 ans, contre 340 euros mensuels. À hauteur de 25 heures par semaine, soit la durée légale maximale prévue dans ce cadre juridique dérogatoire au droit du travail. Il lui offre également le gîte et le couvert. 

«Le père était rassurant et poli. Il m’a mise en confiance parce qu’il avait déjà employé deux jeunes filles au pair de la même nationalité que moi», raconte la jeune femme au Parisien

Mais rapidement, le rêve tourne au cauchemar. Elle confie que ses employeurs lui demandaient bien plus que de simplement s’occuper de leurs enfants. Elle se retrouve à nettoyer les parties communes, faire la cuisine pour toute la famille, ranger la vaisselle, effectuer le repassage… Le tout en voyant son salaire diminué, et ses jours de repos supprimés. Sans compter, le mépris de la mère de famille à son égard. «Elle me traite comme une esclave. Je ne suis jamais assez rapide pour elle», raconte-t-elle. 

«ma vie valait moins que celle de leur chihuahua»

Mais après deux mois à un rythme effréné, dépassant allègrement les 88 heures hebdomadaires, la jeune femme fait un malaise devant l’école des enfants. Elle a été brièvement hospitalisée, et ses employeurs lui ont octroyé cinq ou six jours de repos… entre décembre 2022 et mai 2023. 

Puis en juin 2023, un problème dentaire lui faire prendre conscience de la situation : alors qu’elle se casse une molaire en deux, elle devra attendre plus d’un mois avant que son employeur daigne lui prendre un rendez-vous d’urgence chez le dentiste. «Entre-temps, ma dent s’est infectée. Il a fallu l’arracher», se souvient-elle. «C’est là que j’ai compris qu’à leurs yeux, ma vie valait moins que celle de leur chihuahua». 



Source link

Laisser un commentaire