
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin a annoncé ce mardi que les «17 premiers narcotrafiquants» ont été transférés au centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais). Cet établissement ultra-sécurisé doit accueillir, à terme, les 100 narcotrafiquants les «plus dangereux» du pays.
L’une des promesses du garde des Sceaux. Ce mardi 22 juillet, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé sur son compte X le transfert des «17 premiers narcotrafiquants» vers la prison de haute sécurité à Vendin-le-Vieil, dans le Pas-de-Calais, et ce «grâce à un travail acharné de tout le ministère de la Justice, des valeureux agents pénitentiaires, des magistrats et des forces de l’ordre».
Pour changer radicalement la lutte contre le narcotrafic, j’annonçais le 6 mars dernier la création de la première prison de haute-sécurité à Vendin-le-Vieil. Moins de 5 mois après, grâce à un travail acharné de tout le ministère de la Justice, des valeureux agents…
— Gérald DARMANIN (@GDarmanin) July 22, 2025
Cet établissement pénitentiaire est destiné aux 100 plus gros narcotrafiquants de France. De ce fait, et dans les prochains jours, les détenus «les plus dangereux» du pays vont rejoindre la prison de Vendin-le-Vieil où 250 surveillants travailleront sur le site afin d’assurer la sécurité.
Une prison rénovée et ultra-sécurisée
Cette prison a été inaugurée en 2015. Elle a été construite sur le même modèle que la prison de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, qui avait ouvert ses portes en 2013. La prison de Vendin-le-Vieil n’a pas été choisie au hasard. En réalité, l’établissement s’étend sur 25.000 m2 et possède une double enceinte haute de plus de 10 mètres ainsi que quatre miradors à ses angles. A cela s’ajoute le filin anti-hélicoptère installé sur toute la surface durant les travaux.
De plus, un système de brouillage à destination des drones et des téléphones a été mis en place et quelque 450 caméras sont installées sur l’ensemble du site. Les cellules de la prison de Vendin-le-Vieil mesurent 12m2 et sont toutes équipées de caillebotis, des grillages ajoutés aux barreaux habituels.
Concernant le nombre de places dans cette prison, et comme l’avait appris CNEWS en janvier 2025 auprès de l’administration pénitentiaire, le centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil est doté d’une capacité opérationnelle de 162 places, à savoir 135 en maison centrale et 27 en centre de détention.
Au 1er mars, cet établissement pénitentiaire abritait uniquement 105 détenus, mais la plupart de ceux-ci ont été transférés dans d’autres prisons afin de faciliter l’accueil des différentes figures du grand banditisme. Certains criminels ont tout de même été gardés sur le site, comme c’est le cas de Salah Abdeslam, condamné à la perpétuité incompressible pour les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis ou encore Rédoine Faïd, braqueur multirécidiviste et deux fois évadé de prison.
Des détenus dont la majorité est issue des plus gros cartels de la drogue
D’autres narcotrafiquants devraient également rejoindre cette prison dans les prochains jours, comme Mohamed Amra, actuellement placé à l’isolement à Condé-sur-Sarthe à la suite de son arrestation en Roumanie en février 2025, neuf mois après son évasion lors de l’attaque d’Incarville en mai 2024.
Parmi les autres détenus attendus, on devrait retrouver certains membres du clan Yoda ou de la DZ Mafia à Marseille, comme Guy B., condamné aux assises des mineurs à vingt-cinq ans de réclusion criminelle pour séquestration accompagnée d’actes de barbarie en bande organisée sur deux adolescents recrutés pour travailler sur des points de deal.
Compte tenu de la dangerosité des détenus, des mesures très strictes seront appliquées. Ainsi, les extractions seront limitées et le principe de la visioconférence sera privilégié. Il s’agit d’une demande des syndicats pénitentiaires visant à minimiser au maximum le risque d’évasions et à éviter que l’administration pénitentiaire soit endeuillée par un autre drame comme ce fut le cas en mai 2024 lors de l’évasion de Mohamed Amra au cours de laquelle deux agents pénitentiaires ont été tués.
Par conséquent, 7 salles de visioconférence ont été construites afin de permettre les auditions des prisonniers à distance par les magistrats.
La sécurité des agents pénitentiaires, une priorité
De plus, pour assurer la sécurité des 250 surveillants travaillant sur le site, l’organisation du travail va être modifiée dans la mesure où les agents pénitentiaires circuleront systématiquement en trinôme et ne seront identifiés ni par leur prénom et nom, ni par leur numéro d’immatriculation.
Cette décision vise à protéger les fonctionnaires de toutes pressions ou menaces.
A noter également que des trappes ont été installées sur l’ensemble des portes pour pouvoir menotter les détenus avant qu’ils n’en sortent.