Face à des Allemandes réduites à 10 dès le quart d’heure de jeu et l’avantage de l’ouverture du score, les Bleues ont été surprises par des Allemandes héroïques jusqu’au bout de la nuit, samedi soir.
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Comment ont-elles pu laisser un tel match leur filer entre les doigts ? Les Françaises pourraient bien se poser la question un certain temps après avoir échoué à sortir des quarts de finale de l’Euro, samedi 19 juillet à Bâle (Suisse). Face à des Allemandes réduites à 10 dès le premier quart d’heure de jeu mais héroïques de bout en bout, les joueuses de Laurent Bonadei se sont inclinées au terme de la séance des tirs au but (1-1, 6-5 t.a.b.).
Une nouvelle désillusion pour des Bleues abonnées aux éliminations en quarts de finale : elles encaissent leur huitième échec à ce stade sur les neuf derniers tournois majeurs (Euro, Mondial, JO). Et elles n’atteindront pas l’objectif fixé avant la compétition par Philippe Diallo, président de la Fédération française de football (FFF), venu les consoler à l’issue du match.
La tentative manquée d’Alice Sombath, après celle d’Amel Majri, première tireuse, aura scellé le destin des Bleues. Un scénario cruel pour la jeune défenseure impeccable doublure de la capitaine Griedge Mbock sur la quasi totalité du tournoi. Le film du match rappelle tristement celui dix ans plus tôt, déjà en quarts de finale contre les Allemandes au Mondial canadien : 1-1 avant la séance des tirs au but, et à la fin, c’est l’Allemagne qui gagnait déjà.
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Pourtant, tout avait idéalement commencé pour les Bleues. Peut-être trop bien, car de manière totalement inattendue. Dès le premier quart de jeu, l’Allemagne s’est pris un coup sur la tête avec l’expulsion de son expérimentée défenseure Kathrin Hendrich (33 ans) pour avoir tiré les cheveux de la capitaine Griedge Mbock. Carton rouge et pénalty transformé par Grace Geyoro (16e).
Mais les Bleues ont très vite vu les Allemandes égaliser, sur un corner repris de la tête par Sjoeke Nüsken (25e). Dépassées par l’agressivité physique de leurs adversaires dans les duels, les Tricolores n’ont jamais réussi à profiter de leur supériorité numérique. « On a des regrets parce qu’à 11 contre 10, on sait qu’il y a plus d’égalité sur coups de pied arrêtés. Il fallait éviter de leur donner ces opportunités. Sur un corner, elles reviennent au score et on a manqué de justesse technique dans la finition », a analysé Laurent Bonadei, le sélectionneur des Bleues à l’issue de l’élimination en conférence de presse.
Surtout, les coéquipières de Griedge Mbock sont tombées sur des Allemandes héroïques. Les joueuses de Christian Wück ont une nouvelle fois prouvé combien la hargne, la combativité des Allemandes jusqu’à la dernière seconde n’est pas une légende. Même réduite à 10, même privée de leur capitaine Giulia Gwinn depuis la première rencontre, et de sa doublure Carlotta Wesmler (expulsée au précédent match), les dernières vice-championnes d’Europe n’ont jamais rendu les armes.
D’autant plus que la gardienne allemande Ann-Katrin Berger a sorti un match des grands soirs, lui valant le titre de meilleure joueuse de la rencontre. La même qui avait été copieusement moquée pour sa prestation catastrophique contre la Suède. Samedi, elle a réalisé pas moins de neuf arrêts décisifs, tout en apportant sa pierre à l’édifice lors des tirs au but en inscrivant le sien.
Côté tricolore, tout n’est pas pour autant à jeter dans ce match, même si la désillusion reste immense pour un collectif qui visait sa deuxième demi-finale de l’histoire dans un Euro. Elles ne se sont pas agacées lorsqu’elles ont cru prendre l’avantage sur le but finalement refusé pour hors-jeu de Delphine Cascarino juste avant la pause, puis sur celui de Grace Geyoro au retour des vestiaires. Elles sont restées calmes lorsque l’arbitre a indiqué le point de pénalty pour une faute de Selma Bacha sur Jule Brand sur la ligne de sortie de but. Et elles n’ont pas eu à paniquer puisque Pauline Peyraud-Magnin a eu la main ferme pour empêcher le doublé de Sjoeke Nüsken.
Elles ont aussi gardé leurs nerfs face des Allemandes extrêmement dures dans les duels. La rencontre a été émaillée de nombreuses fautes (26 côté allemand, 24 côté français), hachant le rythme. Elles n’ont pas craqué pendant cent-vingt minutes sous la pression des 34 250 spectateurs quasiment entièrement acquis à la cause de leurs bêtes noires (aucune victoire tricolore dans un face-à-face en grande compétition).
Mais tous ces efforts auront été vains, car les Françaises ont pêché face au but. « L’Allemagne a bien défendu et on a pas trouvé la faille si ce n’est sur deux buts hors-jeu avec un bout de pied et Maëlle qui gêne la gardienne. C’est dommage, il ne manquait pas grand chose », a regretté Laurent Bonadei, au micro de TF1. A l’image de l’ultime tentative de Melvine Malard qui a trouvé la transversale (120e+3), les Bleues auront tenté (17 tirs dont neuf cadrés), sans concrétiser dans le jeu. La malédiction des quarts pour l’équipe de France féminine n’aura donc pas pris fin en Suisse.