quand Emmanuel Macron n’était «pas favorable à la suppression des jours fériés» (vidéo)

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By InfoHunter



Parmi les annonces chocs du Premier ministre François Bayrou pour réduire la dette publique, la plus marquante reste la suppression de deux jours fériés dès l’an prochain. Cette proposition avait pourtant été rejetée par Emmanuel Macron six ans plus tôt.

Une mesure à contre-courant du discours présidentiel de 2019. Alors que le gouvernement a proposé d’augmenter le temps de travail en supprimant deux jours fériés afin de réaliser des économies, Emmanuel Macron avait exprimé son opposition à cette méthode lors de son premier mandat présidentiel

«Moi, je ne suis pas favorable à cette méthode parce qu’on a déjà essayé, parce que ça n’a pas très bien marché, parce que ce n’est pas clair», avait-il déclaré lors d’une conférence de presse à l’Élysée, faisant implicitement référence à la suppression du lundi de Pentecôte, par le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin, en 2004. 

À cette période, cette proposition avait été suggérée par Aurore Bergé, qui occupait alors le poste de porte-parole de Renaissance (RE) précédemment connu sous le nom de La République en marche (LREM). 

«Plusieurs milliards au budget de l’État»

Le chef d’État estimait néanmoins qu’une telle mesure serait d’«une complexité absolument abyssale pour tout le monde». «Les entreprises ne le font pas de la même manière, il faut que ce soit optionnel. Nous adorons les débats, moi aussi, mais si on pouvait s’économiser en plus le débat de savoir quels jours fériés on choisit, ce serait formidable», avait-il conclu.

La rhétorique a visiblement évolué, le Premier ministre François Bayrou défendant désormais cette mesure en soulignant qu’elle pourrait générer «plusieurs milliards au budget de l’État, simplement parce que la Nation travaillera et que notre production sera améliorée». Un graphique projeté lors de la conférence de presse évoquait un gain potentiel de 4,2 milliards d’euros.

Les deux jours actuellement fériés deviendraient travaillés tout en restant payés. Les entreprises reverseraient une partie des gains générés pendant ces journées à l’État, avec un montant qui reste à déterminer. Pour les salariés du public comme du privé, cela signifierait plus d’heures de travail sans changement de salaire.

Cette proposition s’inspire du fonctionnement de la journée de solidarité du lundi de Pentecôte, où les entreprises versent une contribution sur les bénéfices réalisés ce jour-là, sauf que le taux ne serait pas nécessairement de 0,3 % comme pour la journée de solidarité actuelle. De plus, les recettes ne seraient pas forcément affectées à la Sécurité sociale et les entreprises ne pourraient pas fractionner ces deux jours en minutes supplémentaires réparties sur l’année.

Des recettes supplémentaires de 2,4 milliards d’euros

Bien qu’il soit encore difficile d’anticiper l’impact sur les finances publiques, l’estimation du gouvernement semble cohérente puisque la journée de solidarité de la Pentecôte a rapporté 3,5 milliards en 2025 aux finances publiques.

En outre, un rapport du Sénat avait suggéré la création d’une nouvelle journée de solidarité, estimant des recettes supplémentaires de 2,4 milliards d’euros. Avec deux jours fériés supprimés, les recettes devraient logiquement être plus importantes.

En outre, ces deux nouvelles journées de travail pourraient générer d’autres revenus pour l’État, car ces 14 heures supplémentaires augmenteraient la production et le PIB, entraînant davantage de ressources fiscales.



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