
En Suisse, un retraité a été victime d’une escroquerie en ligne bien ficelée. Si l’arnaqueur lui a d’abord fait croire qu’il avait empoché le jackpot à la loterie, il lui a en fait dérobé 200.000 euros.
Un ascenseur émotionnel. Il y a plusieurs mois, en avril 2024, un retraité suisse a été victime d’une escroquerie en ligne. L’arnaqueur lui a fait croire qu’il avait remporté les gains d’une loterie, mais après avoir eu accès à sa banque en ligne, il a subtilisé à l’octogénaire plus de 200.000 euros. La police cantonale bernoise enquête et a saisi son ordinateur portable.
«Dites simplement que tout est en ordre»
En avril 2024, la victime originaire de Spiez (Suisse) dispose d’un compte épargne bien fourni, avec plus de 200.000 euros. Cet argent dûment gagné durant sa carrière, avant de prendre sa retraite à 79 ans, devait permettre au vieil homme de vivre jusqu’à la fin de ses jours. Ce dernier ne bénéficiant pas de caisse de pension.
Selon le média local Blick, tout bascule lorsque l’octogénaire reçoit un mail, lui indiquant qu’il venait de «gagner à la loterie». Comme il avait effectivement participé à un tirage, il ne soupçonne rien. L’expéditeur lui explique alors qu’un accès à sa banque en ligne est nécessaire afin de lui transférer le gain, et lui propose son aide afin de le configurer.
Grâce à un logiciel de prise en main à distance, l’escroc accède ainsi à l’ordinateur de la victime. L’octogénaire lui fournit ses identifiants… Le 22 avril, l’accès à la banque en ligne est prêt. L’escroc transfère plus de 44.000 euros du compte d’épargne vers le compte courant de la victime, avant que l’argent ne soit ensuite versé à un «crypto-dealer», censé déposer le montant en dépôt. «La banque pourrait vous appeler pour valider le paiement, indique l’escroc présumé. Dites simplement que tout est en ordre», assène-t-il à la victime, selon nos confrères.
«je suis dépassé»
Quelques jours plus tard, le virement n’a pas encore été effectué. L’escroc demande ainsi à la victime de contacter sa banque. «Je vous fais confiance pour le faire», écrit-il, en joignant le numéro et les horaires d’ouverture. «J’ai besoin de temps, je suis dépassé», répond le Suisse. Mais finalement, ce dernier suit les consignes, et la banque débloque le paiement, ouvrant la porte à une succession d’autres transferts.
Un mois plus tard, un employé de la banque l’appelle : les virements ne passent plus, le compte est vide. «Je suis tombé de ma chaise en l’apprenant», souffle l’octogénaire. Mais l’escroc continue de le manipuler. «Je ne suis PAS un voleur, écrit-il. Mais maintenant que vous avez bloqué l’accès, je suis impuissant».
La victime finit par rompre tout contact. Son fiduciaire l’aide à porter plainte. Sa maigre rente suffit à peine à couvrir les factures. «Je ne peux me permettre plus que de la soupe et des pommes de terre», lâche-t-il.