
Des agents au sol travaillant pour EasyJet perçoivent des bonus lorsqu’ils signalent des bagages cabine trop grands. Une pratique contestée, qui expose certains salariés à des tensions avec les passagers.
Une fuite relayée par le Jersey Evening Post révèle qu’un dispositif de primes est en vigueur chez Swissport, prestataire de services aéroportuaires pour EasyJet.
Dans un e-mail interne, les employés opérant dans sept aéroportbritanniques, dont Birmingham, Glasgow ou Jersey, sont informés qu’ils recevront 1 livre net (soit environ 1,15 euro) pour chaque bagage cabine repéré comme hors gabarit à la porte d’embarquement.
Cette rémunération est présentée comme une incitation positive, visant à «récompenser les agents qui appliquent les règles correctement», selon le message interne.
Un système étendu à d’autres prestataires
Selon le Guardian, des employés de DHL Supply Chain, qui assure également le traitement au sol pour EasyJet à Gatwick, Manchester et Bristol, bénéficient d’un système similaire. Ils reçoivent eux aussi une «somme symbolique» pour chaque valise identifiée comme non conforme.
Chez Swissport, les agents sont payés environ 12 livres (13 euros) de l’heure. Une ancienne responsable, souhaitant garder l’anonymat, confie : «Contrôler les bagages en trop, c’est comme traquer des resquilleurs. On s’expose à des insultes ou pire, surtout avec des groupes en enterrement de vie de garçon».
EasyJet autorise gratuitement un petit sac glissé sous le siège. Un bagage plus volumineux en cabine est payant, mais tout bagage hors normes détecté à la porte d’embarquement entraîne une facturation immédiate de 48 livres (55 euros) pour être placé en soute.
Le courriel interne date de novembre 2023, mais cette politique est toujours en vigueur. Les bonus sont versés directement aux salariés.
EasyJet se dédouane, Swissport assume
Contacté, Swissport rappelle qu’il applique les politiques décidées par les compagnies aériennes : «Nous gérons ces opérations avec professionnalisme et efficacité, comme nous le faisons pour 4 millions de vols chaque année».
De son côté, EasyJet affirme ne pas superviser la rémunération de ses prestataires, tout en insistant sur l’importance d’une application «juste et cohérente» des règles pour l’ensemble des passagers.