
L’Union européenne va prolonger la suspension des contre-mesures tarifaires visant les Etats-Unis jusqu’au mois d’août, a annoncé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
L’Union européenne prolonge le répit des Etats-Unis. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré dimanche que Bruxelles allait prolonger la suspension des contre-mesures aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium, alors que l’UE cherche un accord pour éviter une taxe de 30% sur tous ses produits.
«Les Etats-Unis nous ont envoyé une lettre avec des mesures qui entreraient en vigueur sauf s’il y a une solution négociée, c’est pourquoi nous prolongerons également la suspension de nos contre-mesures jusqu’au début du mois d’août», a déclaré Ursula von der Leyen, tandis que la suspension de ces représailles aux droits de douane américains sur l’acier et l’aluminium devait expirer dans la nuit de lundi à mardi.
«En même temps, nous continuerons de préparer des contre-mesures afin d’être pleinement prêts», a-t-elle ajouté. La présidente de la Commission européenne a insisté sur le fait que l’UE a «toujours été très claire sur le fait que nous préférons une solution négociée. Cela reste le cas, et nous utiliserons le temps dont nous disposons maintenant jusqu’au 1er août».
Berlin met la pression sur Washington
Bruxelles a préparé des droits de douane sur des produits américains d’une valeur d’environ 21 milliards d’euros, en réponse aux droits de douane de 25% imposés par Donald Trump sur les importations d’acier et d’aluminium plus tôt cette année. Ces mesures ont été suspendues en avril pour laisser la place à un accord commercial plus large avec l’administration Trump.
Si ce répit accordé aux Etats-Unis a pour objectif de calmer le jeu et tomber d’accord, Berlin a tenu à se montrer ferme envers son partenaire commercial. Le ministre allemand des Finances Lars Klingbeil a fait valoir que des «négociations sérieuses et orientées vers des solutions» avec les États-Unis étaient encore nécessaires, mais qu’en cas d’échec, l’Union européenne aurait besoin de «contre-mesures décisives pour protéger les emplois et les entreprises en Europe».
Samedi, Donald Trump a rappelé que les produits de l’UE et du Mexique seraient frappés de droits de douane de 30% à partir du 1er août.
L’agroalimentaire français craint le pire
Cette crise entre les Etats-Unis et l’Europe inquiète grandement l’agroalimentaire français. L’instauration de droits de douane de 30% pour les produits européens entrant aux Etats-Unis aurait des «conséquences économiques désastreuses (…) pour les entreprises agroalimentaires françaises», a réagi l’Association nationale du secteur (Ania), après l’annonce de Donald Trump faite samedi.
L’Ania enjoint les pouvoirs publics français et européen de «protéger l’ensemble de l’agroalimentaire, 1ère industrie de France et d’Europe, et son agriculture dans les négociations en cours avec les États-Unis et dans le cadre de possibles contre-mesures européennes», dans son communiqué.
L’agroalimentaire en France, avec ses 20 000 entreprises alimentaires, constituent le premier secteur économique du pays, pour un chiffre d’affaires annuel de 250 milliards d’euros, et les Etats-Unis représentent un marché capital pour les exportations de ce secteur, selon l’Ania.