
Une attaque russe nocturne de 400 drones et 18 missiles contre Kiev a causé la mort de deux personnes, ont annoncé les autorités locales jeudi matin, avant une réunion entre le secrétaire d’État américain Marco Rubio et son homologue russe Sergueï Lavrov, dans un contexte d’impasse diplomatique sur le dossier ukrainien.
Il réclame des sanctions. La Russie a lancé contre l’Ukraine 400 drones et 18 missiles dans la nuit, a annoncé jeudi le président ukrainien Volodymyr Zelensky, appelant ses alliés occidentaux à imposer «plus rapidement» de nouvelles sanctions à Moscou.
«Il s’agit clairement d’une escalade de la terreur de la part de la Russie», a déploré le président ukrainien sur les réseaux sociaux. «Les sanctions doivent être imposées plus rapidement et la pression sur la Russie doit être suffisamment forte pour qu’elle ressente véritablement les conséquences de sa terreur», a-t-il ajouté.
D’après le chef de l’administration militaire de Kiev Timour Tkatchenko, les forces russes ont ciblé au moins six districts de la capitale. Les frappes ou les débris des projectiles interceptés ont notamment touché des immeubles résidentiels, des véhicules, des entrepôts et des immeubles de bureaux, de même source.
«Malheureusement, nous avons deux morts. Ces personnes ont été tuées par les Russes», a écrit Timour Tkatchenko sur le réseau social Telegram, après avoir fait état de 13 blessés.
Une attaque «massive» durant «dix heures»
L’attaque nocturne contre la région de Kiev a été «massive» et a duré «près de dix heures» avec des drones de combat et des missiles, a précisé Mykola Kalachnyk, le chef de l’administration militaire régionale.
Des journalistes de l’AFP à Kiev ont entendu de puissantes déflagrations sur la ville pendant la nuit et vu les explosions de projectiles interceptés dans le ciel par la défense anti-aérienne. Plusieurs dizaines d’habitants ont trouvé refuge dans une station de métro du centre-ville où des matelas et du matériel de camping étaient à leur disposition.
La nuit précédente, la Russie avait lancé sa plus grande attaque aérienne depuis le début de l’invasion en février 2022, avec 728 drones et 13 missiles dont la quasi-majorité ont été interceptés, selon Kiev.
Les Etats-Unis sont de retour
Dans ce contexte d’intensification des frappes russes et d’impasse diplomatique, le secrétaire d’Etat américain Marco Rubio doit rencontrer ce jeudi son homologue russe Sergueï Lavrov en marge de la réunion des chefs de diplomatie des pays d’Asie du Sud-Est (Asean) à Kuala Lumpur.
Le président américain Donald Trump a annoncé lundi vouloir envoyer «plus d’armes» à Kiev, principalement «défensives», et accusé le lendemain Vladimir Poutine de dire des «conneries» sur l’Ukraine, tout en laissant entendre qu’il souhaitant imposer de nouvelles sanctions à la Russie.
Le Premier ministre britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron doivent quant à eux participer jeudi à une réunion en visioconférence sur l’Ukraine, avec notamment le président ukrainien Volodymyr Zelensky, la Première ministre italienne Giorgia Meloni ou le chancelier allemand Friedrich Merz. Selon l’Elysée, des représentants américains devraient également y assister.
Toujours pas de solution diplomatique en perspective
L’Ukraine réclame depuis de nombreux mois à ses alliés occidentaux, y compris aux Etats-Unis, plus de systèmes de défense anti-aérienne, dans une guerre qui a déjà fait des dizaines de milliers de morts au moins, civils et militaires confondus, des deux côtés.
Car malgré la pression exercée par Donald Trump, Moscou et Kiev demeurent très loin d’un accord, que ce soit sur une trêve ou un règlement à plus long terme. Aucune nouvelle étape de discussions entre Russes et Ukrainiens n’a pour le moment été annoncée, après deux réunions peu fructueuses en Turquie mi-mai puis début juin.
Les dirigeants ukrainiens accusent Moscou de «gagner du temps» au moment où l’armée russe, supérieure en nombre et en armements, progresse toujours sur le front.
Les forces russes, qui occupent toujours près de 20% du territoire ukrainien, ont même revendiqué en début de semaine la prise d’une première localité dans la région de Dnipropetrovsk (centre-est).