
Ce mardi 1er juillet, une octogénaire comparaissait devant le tribunal correctionnel de La Rochelle. Elle est jugée pour avoir mortellement percutée Margot, une fillette de 10 ans, le 5 juin 2024. La mère de la victime a témoigné lors de l’audience.
Un témoignage poignant. Un conductrice de 84 ans comparaissait ce mardi 1er juillet devant le tribunal correctionnel de La Rochelle. La prévenue est en effet jugée pour avoir percuté mortellement Margot, une fillette de 10 ans à vélo, le 5 juin 2024 à La Rochelle, alors qu’elle roulait à contresens sur une avenue de la préfecture de Charente-Maritime où la vitesse était limitée à 30 km/h.
Au total, au cours de la collision, sept enfants ont été blessés. Parmi eux, figurait Margot. Deux jours après son hospitalisation, la fillette de 10 ans est décédée. Après l’accident, la conductrice avait continué à rouler sans freiner, avant qu’un témoin ne l’aide à s’arrêter. Elle avait été contrôlée négative à l’alcool et aux stupéfiants.
Aux enquêteurs, la mise en cause, poursuivie pour homicide et blessures involontaires au volant d’un véhicule à moteur, et délit de fuite, avait déclaré avoir fait un malaise et ne pas avoir vu les jeunes cyclistes.
Face au tribunal, l’octogénaire a plaidé le «trou noir». «J’ai eu un malaise. C’était le trou noir, je ne me rappelle pas. Je n’ai pas d’explication», s’est défendue à la barre la prévenue.
Camille Pineau, mère de Margot, a ensuite pris la parole. «Je suis incapable de décrire ce que cette conductrice nous a enlevé. Une autre vie a commencé le 6 juin 2024, bien terne et triste», a-t-elle témoigné. En larmes, elle a demandé au tribunal de «lui rendre justice».
Une «absence totale d’empathie de la part de la prévenue»
La mise en cause n’a pas eu le moindre mot à l’intention des victimes. Une attitude que les parents des ces dernières ont pointée du doigt. Le père d’un autre enfant percuté le 5 juin 2024 s’est dit «sidéré» par «l’absence totale d’empathie de la part de la prévenue».
L’un des accompagnateurs de la sortie à vélo organisée le jour du drame s’est adressé aux parties civiles. «Vu que Madame est incapable de le faire, je veux dire aux parents que je suis désolé d’avoir organisé cette sortie», a-t-il déclaré en larmes.
Il est à noter que devant le tribunal, l’octogénaire a tenu des propos dénués d’émotion et parfois confus, comme l’a remarqué l’AFP. Elle a également donné des explications différentes de celles livrées aux enquêteurs sur les symptômes de son malaise et les circonstances de sa fuite.
Le parquet a requis à l’encontre de la conductrice 4 ans d’emprisonnement avec sursis, 5 ans d’annulation de permis de conduire et 200 euros d’amende. Le délibéré est attendu pour le 22 juillet.